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Luttes

JO 2024 : la construction du village des médias suspendue par la justice

La justice a suspendu la construction du futur village des médias des Jeux olympiques de Paris 2024, prévue sur le parc l’Aire des vents, en Seine-Saint-Denis, pour accueillir jusqu’à 2 000 journalistes et techniciens.

Prévue sur le parc l’Aire des vents, à Dugny (Seine-Saint-Denis), la construction du village des médias des Jeux olympiques de Paris 2024 a été mise à l’arrêt par la justice. Mardi 6 avril, la Cour administrative d’appel de Paris a suspendu une partie de l’autorisation environnementale délivrée en novembre 2020 par le préfet de Seine-Saint-Denis.

Ce village des médias est prévu pour accueillir jusqu’à 2 000 journalistes et techniciens pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Les bâtiments devraient ensuite être convertis en logements et en écoquartier, entérinant l’artificialisation d’une partie du parc départemental Georges-Valbon.

Deux associations écologistes — le Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) et le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), épaulées par trente-six riverains et usagers du parc, avaient déposé, en février, un recours contre ce projet devant la Cour administrative d’appel de Paris, compétente en matière de contentieux liés aux JO 2024. Ils avaient doublé cette procédure d’un référé-suspension (permettant de surprendre l’exécution d’une décision administrative), qui a été approuvé ce mardi.

Le juge a estimé que l’arrêté préfectoral visé, dans la dérogation qu’il accorde à l’interdiction d’atteinte à des espèces protégées, ne respectait pas en l’état les dispositions du Code de l’environnement. « Il est enjoint à la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) de donner instruction à ses cocontractants afin qu’ils cessent tous travaux », a indiqué le tribunal dans son ordonnance. Le ministère de la Transition écologique et la Solideo devront ainsi verser chacun 750 euros aux requérants.

Un membre du collectif Notre parc n’est pas à vendre, à l’Aire des vents.

« Nous restons sur nos gardes »

Contactée par Reporterre, la Solideo a expliqué qu’elle était « en réunion de crise » et étudiait actuellement « l’impact général de cette décision sur le projet en termes de délais, de programmes et de coûts ». Elle réagira « certainement plus tard dans la journée ».

La décision de la Cour administrative d’appel de Paris est jugée « très positive, même si elle est partielle » par Valérie, membre du collectif Notre parc n’est pas à vendre : « Elle acte qu’il n’est pas possible d’outrepasser les dispositions du Code de l’environnement, comme le fait la Solideo, notamment en matière de compensation. Le Ministère de l’Écologie et Solidéo ont échoué à démontrer qu’il n’existe pas de site alternatif pour réaliser ce programme immobilier. Mais nous restons sur nos gardes. Nous avons en tête le dossier du Charles-de-Gaulle Express, dont les travaux s’étaient poursuivis malgré la suspension du projet par la justice. Nous allons continuer de lutter pour que notre parc, public, ne soit pas sacrifié et transformé en spot immobilier et de spéculation. »

Les collectifs de défense des espaces vivants contre la bétonisation se retrouveront, ce dimanche 11 avril, sur l’Aire des vents, pour une journée de mobilisation.

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