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Pêche

La pêche électrique détruit les écosystèmes, confirme une étude

Le passage de chalutiers à perche électriques bouleverse la biodiversité sous-marine, révèle une étude réalisée par le Cefas, l’équivalent britannique de l’Ifremer, que le Journal de l’environnement s’est procurée et a publié jeudi 17 octobre.

D’après l’ONG Bloom, qui en a fourni un décryptage par communiqué, « cette étude est la première à étudier l’impact de la pêche électrique dans le milieu naturel, à des années lumières des études orientées et de piètre qualité des chercheurs néerlandais… financées par les industriels néerlandais ».

L’étude a été menée dans deux zones comparables au sud de l’Angleterre, l’une régulièrement exploitée par les chalutiers électriques et l’autre non. Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

  • La diversité en espèce est 21–57 % inférieure dans la zone où la pêche électrique est pratiquée par rapport à la zone préservée de cette technique de pêche destructrice ;
  • Il y a 2,6 fois moins de soles — l’espèce ciblée par les chalutiers électriques — dans leur zone d’activité.
  • L’étude révèle aussi la forte abondance dans les eaux électrifiées de deux espèces particulières : les ophiures (sortes d’étoiles de mer très fines et cassantes) et les Bernard l’Hermite, c’est-à-dire deux espèces détritivores et charognardes.

Même si les auteurs de l’étude restent prudents, ne pouvant pas attribuer de manière indiscutable ces différences nettes en termes de diversité biologique, abondance et structure des écosystèmes à la pêche électrique en raison de l’absence de point de comparaison historique, cette étude n’en reste pas moins déterminante. Pour Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom, « elle confirme au minimum la nocivité du chalut à perche — électrifié ou non ».

D’après l’ONG de défense des océans, les Néerlandais œuvrent afin d’assouplir le nouveau règlement européen sur la pêche, qui prévoit une réduction drastique du nombre de chalutiers électriques — de 84 à une quinzaine d’ici la fin de l’année — avant leur disparition définitive en juin 2021.

-  Source : Bloom.

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