La quasi-totalité de l’autorité environnementale d’Île-de-France démissionne
La Mission régionale de l'autorité environnementale est chargée de donner des avis sur les projets d'infrastructures. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0 / Hegor
La Mission régionale de l'autorité environnementale est chargée de donner des avis sur les projets d'infrastructures. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0 / Hegor
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Finalement, la situation instable de l’autorité environnementale d’Île-de-France ne se sera pas résolue par la négociation. En juillet, huit des neuf membres de cette instance fournissant des avis sur les conséquences environnementales des projets (data centers, nouveaux quartiers, zones commerciales, projets routiers...) avaient annoncé leur démission. Ils estimaient que le fonctionnement imposé depuis quelques mois par la préfecture d’Île-de-France ne garantissait plus leur indépendance.
Si la démission du président et de la coprésidente de la Mission régionale de l’autorité environnementale (MRAE) avaient pris effet tout de suite, six membres l’avaient, eux, différée au 15 septembre, afin de laisser une chance de résolution au conflit. Début septembre, « des perspectives de sortie de crise nous avaient été proposées, auxquelles nous avions répondu positivement », indique sur LinkedIn Denis Bonnelle, l’un des membres associés de la MRAE (des experts indépendants des questions environnementales, qui ne sont pas fonctionnaires).
Un espoir de courte durée, puisque le 12 septembre, les quatre membres associés de la MRAE ont appris qu’ils n’étaient pas reconduits, raconte l’un d’entre eux, Brian Gabriel Padilla. En solidarité, les autres membres qui participaient à la négociation ont confirmé leur démission.
La MRAE d’Île-de-France repart donc presque à zéro, avec une seule membre issue de l’ancienne équipe. Pour Denis Bonnelle, cette pression exercée sur les membres associés — et donc libres de leur parole — est « à la limite de [...] l’obligation légale d’indépendance des MRAE, nécessaire à la confiance du public ».
Cela pourrait également avoir des conséquences pour l’environnement et la santé des habitants d’Île-de-France, car la MRAE s’est retrouvée contrainte de renoncer à examiner de plus en plus de dossiers depuis quelques mois. « Pourtant, à chaque fois que nous nous intéressions à une évaluation environnementale, nous trouvions de quoi informer, de quoi l’améliorer, de quoi questionner certains choix d’aménagement », écrit sur LinkedIn Brian Gabriel Padilla.