La réforme des retraites bientôt abrogée ?
Selon la CGT, 1,5 million de personnes ont manifesté en France contre la réforme des retraites le 13 avril 2023 (ici à Paris). - © NnoMan Cadoret/Reporterre
Selon la CGT, 1,5 million de personnes ont manifesté en France contre la réforme des retraites le 13 avril 2023 (ici à Paris). - © NnoMan Cadoret/Reporterre
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Réussiront-ils à faire tomber la réforme des retraites ? Les députés de La France insoumise (LFI) tiennent leur niche parlementaire le 28 novembre. Autrement dit : de 9 heures jusqu’à minuit, ils auront la main sur l’ordre du jour des séances de l’Assemblée nationale, et pourront proposer au vote tous les textes de loi qu’ils souhaitent. Le groupe parlementaire présentera notamment une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites — entrée en vigueur le 1er septembre 2023 — et ramener l’âge légal de départ à la retraite de 64 à 62 ans.
Le texte a de bonnes chances d’être adopté : toute la gauche devrait la voter — y compris les socialistes, alors que la proposition de loi revient également sur une autre réforme votée lorsque François Hollande était président de la République —, tout comme les députés du Rassemblement national. Mais les parlementaires du groupe présidentiel Ensemble pour la République et de la droite des Républicains ont déposé énormément d’amendements, ce qui laisse présager des débats à rallonge. Or la niche parlementaire s’achèvera à minuit tapant, que les discussions soient achevées ou non. Le temps est donc compté pour la gauche.
La proposition de loi avait déjà été adoptée en commission des affaires sociales le 20 novembre. Si elle était votée en séance plénière le 28 novembre, elle devrait être inscrite à l’ordre du jour du Sénat le 23 janvier, à l’occasion de la niche parlementaire communiste. Elle reviendrait ensuite à l’Assemblée en deuxième lecture le 6 février, pour le créneau dédié aux écologistes.
Un non-sens écologique
Comme Reporterre l’avait expliqué en 2023, la réforme des retraites est anti-écologique : elle incite les Françaises et Français à travailler plus, donc à produire et consommer davantage — une vision basée sur le mythe d’une croissance infinie, à rebours de la crise climatique. L’allongement du temps de travail fragilise également les personnes âgées, alors qu’elles sont les plus vulnérables face aux événements climatiques extrêmes actuels et à venir. La réforme incite aussi les actifs à se tourner vers des systèmes privés de protection sociale, qui investissent dans les énergies fossiles.
Dans une tribune publiée en janvier 2023, des militants écologistes interrogeaient : « Face à la crise écologique, n’est-il pas temps de diminuer le temps de travail global pour favoriser l’autoproduction — cuisine, couture, réparations diverses… — et l’engagement populaire dans des activités bénéfiques, entre autres, à l’environnement — jardinage, soin de la biodiversité, soutien à des projets collectifs, etc. ? »