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En bref — Agriculture

La sécheresse n’épargnera aucune région de France

Aucune région de France ne devrait échapper à la sécheresse d’ici la fin de l’été. L’alerte émane du ministère de la Transition écologique, qui a publié le 19 mai une cartographie des risques de sécheresse hydrologique. « Elle montre que l’été 2022 pourrait être marqué par des étiages ou des baisses des nappes marquées sur la totalité du territoire », précise le ministère dans un communiqué. Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, le nord de la Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire pourraient être particulièrement touchées.

Il a en effet peu plu pendant l’automne 2021 et l’hiver 2022, normalement périodes de recharge des nappes souterraines, explique Le Monde. D’après Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France interrogé par le média, le déficit de pluie s’établit à plus de 20 % depuis le 1er janvier par rapport aux moyennes de 1981-2010. Il s’est élevé à 45 % en janvier dans l’ancienne région Poitou-Charentes et a dépassé 50 % en avril de la Vendée à la Charente-Maritime ainsi que dans l’ouest de la Bretagne, les Hauts-de-France, les Ardennes, et du Massif central à la vallée du Rhône. « La Côte d’Azur et la Provence ont, elles, été touchées sans discontinuer », précise Le Monde. 76 zones sont déjà classées en alerte et 26 en alerte renforcée, contre 6 et 2 à la même date en 2021. Les préfets ont déjà pris 51 arrêtés restreignant les usages de la ressource hydrique dans 16 départements qui ont dépassé le seuil de vigilance.

Le Comité d’anticipation et de suivi hydrologique (Cash), chargé par le Comité national de l’eau de mieux anticiper et gérer les épisodes de sécheresse, s’est réuni le 18 mai pour faire le point sur la situation et renforcer les mesures d’économie d’eau. À cette occasion, France Nature Environnement a alerté sur l’augmentation de l’irrigation en France. La surface irriguée a augmenté de 14 % entre 2010 et 2020, selon les chiffres du recensement agricole 2020. Dans les Hauts-de-France, à surface agricole utile quasi constante, l’irrigation a augmenté de plus de 76 %. « La sécheresse actuelle nous oblige à regarder la situation en face. Il y a un vrai risque que les cumuls de nouveaux prélèvements pour l’irrigation soient incompatibles avec l’effondrement des ressources en eau disponibles », a alerté Florence Denier-Pasquier, administratrice FNE et spécialiste de la gestion quantitative de l’eau.

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