La viande est jusqu’à 580 fois plus subventionnée que les protéines végétales en Europe
Les viandes de bœuf et d’agneau bénéficient de subventions européennes 580 fois supérieures à celles accordées aux légumineuses. - Pexels/CC/Gonzalo Acuña
Les viandes de bœuf et d’agneau bénéficient de subventions européennes 580 fois supérieures à celles accordées aux légumineuses. - Pexels/CC/Gonzalo Acuña
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En France, l’importance de réduire la consommation de viande n’est plus à démontrer. En excès, elle est nuisible à la santé et aux écosystèmes — notamment aux forêts, abattues pour produire du fourrage malgré leur capacité d’absorption du CO2. Sans compter que sa production dans des élevages intensifs n’est pas compatible avec le nouveau statut d’« être vivant doué de sensibilité » de l’animal (art. 515-14 du Code civil, 2015).
Pourtant une étude de l’association néerlandaise Foodrise révèle que les viandes de bœuf et d’agneau bénéficient de subventions européennes 580 fois supérieures à celles accordées aux légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…) ; la viande de porc de soutiens près de 240 fois supérieurs. Quant aux produits laitiers, ils auraient reçu 554 fois plus de subventions que les noix, très riches en vitamines et oligo-éléments.
Malgré les alertes scientifiques, la politique agricole commune européenne poursuit donc la marginalisation des légumineuses entamée au cours du XXe siècle : en France, la consommation de légumes secs serait passée de 7,3 kg/personne/an en 1920 à 1,4 kg/personne/an en 1985. « Il est scandaleux que des milliards d’euros provenant des contribuables européens soient utilisés pour soutenir une industrie aussi polluante, alors même que les scientifiques nous disent que nous devons — pour des raisons de santé et d’environnement — adopter des régimes alimentaires moins carnés », a déclaré Martin Bowman, auteur de cette étude.