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En brefJustice

Lactalis risque une amende de 275 millions d’euros pour fraude fiscale

À Laval, en Mayenne, le siège du géant laitier Lactalis lorsqu'il était envahi par 200 paysans qui dénoncaient les pratiques de la multinationale.

Lactalis pourrait être condamné à verser 275 millions d’euros pour évasion fiscale, en plus des 25 millions d’euros déjà réglés, a révélé Libération mardi 12 mars.

Le no 1 mondial de la transformation laitière basé à Laval (Mayenne) est soupçonné de fraude fiscale depuis 2018. Cette année-là, le parquet national financier (PNF) ouvre une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Il suspecte le groupe de minorer son bénéfice imposable, via un montage financier complexe impliquant une filiale belge ainsi qu’une société néerlandaise. Selon le PNF, 400 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices seraient passés à la trappe via ce dispositif.

« Pratiques prédatrices du travail paysan »

Un premier redressement de 25 millions d’euros, portant sur la seule année 2009, a déjà été réglé par le groupe en 2023. Le contrôle portant sur la période 2009-2020, la facture pourrait donc atteindre 275 millions d’euros (25 millions d’euros par an pendant onze ans) en cas de poursuite de l’évasion fiscale, a calculé Libération.

Ces déboires s’ajoutent au conflit avec les éleveurs laitiers. Pour tenter de calmer la colère, Lactalis a annoncé le 2 mars une revalorisation du prix du lait à 425 euros la tonne pour les trois premiers mois de l’année (contre 405 euros fin 2023). Un accord dénoncé comme insuffisant par la Confédération paysanne, qui réclame 500 euros la tonne. Le 29 février, des membres du syndicat agricole envahissaient le stand du groupe au salon de l’agriculture, dénonçant « [des] pratiques prédatrices du travail des paysans ».

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