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En bref — Forêts tropicales

Laissées tranquilles, les forêts tropicales peuvent se restaurer très vite

Une cascade dans la forêt costaricienne.

La restauration naturelle des forêts tropicale est possible. En vingt ans seulement après l’abandon de l’agriculture, des forêts secondaires peuvent repousser et retrouver jusqu’à 80 % de la fertilité de leur sol et de la diversité des arbres, en comparaison avec les forêts anciennes.

Ce résultat est le fruit du travail d’une équipe internationale de 80 scientifiques du monde entier, dont trois chercheurs ivoiriens et deux chercheurs du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique). L’étude, parue dans Science le 10 décembre, a été coordonnée par l’Université de Wageningen (Pays-Bas) et le Cirad (France). Elle utilise une méthodologie inédite, d’abord déployée et testée en Côte d’Ivoire, ensuite enrichie grâce à des chercheurs du monde entier, nous explique le communiqué publié pour l’occasion.

Les auteurs notent que ce retour de la fertilité et de la diversité sont d’« une rapidité surprenante, étant donnée la complexité des écosystèmes forestiers tropicaux. » Ils l’expliquent par deux raisons :

  • Les « banques de graines » encore présentes dans les sols, quand ils n’ont pas été soumis à une agriculture intensive ;
  • Les « conditions de croissance » sous les tropiques, favorables grâce à un climat chaud et humide.

« Certains attributs forestiers récupèrent plus vite que d’autres, précise Géraldine Derroire, écologue des forêts tropicales au Cirad. Par exemple, la fertilité des sols se rétablit généralement à 90 % en moins d’une décennie. Par comparaison, il faut attendre de deux à six décennies pour retrouver 90 % de la diversité des espèces qu’on pourrait trouver dans des forêts anciennes. »

« Compte tenu du rétablissement rapide des forêts secondaires quand les conditions sont appropriées, les scientifiques encouragent les pratiques de restauration naturelle qui ne nécessitent pas d’investissements lourds, sont efficaces et offrent de multiples co-bénéfices », conclut le communiqué. Ils précisent par ailleurs que cela doit impérativement s’accompagner d’une lutte contre la déforestation des forêts primaires.

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