Laits infantiles : après Nestlé, Lactalis rappelle des produits
Au total, 800 produits et plus d’une soixantaine de pays dans le monde seraient désormais concernés. - Jaye Haych / Unsplash
Au total, 800 produits et plus d’une soixantaine de pays dans le monde seraient désormais concernés. - Jaye Haych / Unsplash
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Lactalis a annoncé le 21 janvier le rappel de laits infantiles de la marque Picot. En cause : la « présence potentielle » de céréulide, une toxine produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus et susceptible de provoquer diarrhées et vomissements. Sont concernées des références « Picot nutrition quotidienne 1er âge », « Picot nutrition quotidienne 2e âge » et « Picot AR 2e âge ».
Cette campagne de rappel fait suite à « l’alerte lancée par l’association professionnelle française pour la nutrition infantile », explique Lactalis dans un communiqué. « C’est un fournisseur international qui propose de l’ARA », une huile riche en acide arachidonique (ARA) entrant dans la composition de certains laits infantiles, qui serait à l’origine de la contamination, a indiqué le géant laitier à l’Agence France-Presse (AFP). Il ajoute, sans autre précision, que dix-huit pays, notamment en Amérique latine, ainsi que l’Espagne, seraient concernés par ces rappels.
Ce rappel intervient alors que Nestlé, autre distributeur de laits en poudre, a organisé en France un rappel de lots de sa marque Guigoz le 11 décembre, puis élargi son alerte à d’autres lots Guigoz et à sa marque Nidal début janvier, pour les mêmes raisons. Mais ces rappels français sont l’arbre qui cache la forêt, car l’alerte concerne les filiales de Nestlé dans différents pays en Europe et ailleurs. Au total, 800 produits et plus d’une soixantaine de pays dans le monde seraient désormais concernés.
Le 21 janvier, Foodwatch a annoncé de son côté qu’elle va déposer plainte contre X dans cette affaire des laits infantiles rappelés par Nestlé et désormais Lactalis en France.
Un nouveau scandale sanitaire d’ampleur ?
Le 8 janvier, Foodwatch révélait en effet que le groupe industriel était au courant de ce problème sanitaire « au moins depuis début décembre et a même informé les autorités néerlandaises le 9 décembre 2025 ». L’association de consommateurs dénonce des « retraits silencieux » de produits, qui ont eu lieu en Autriche autour du 25 décembre, « sans en informer les consommateurs ».
Les rappels massifs de Nestlé n’auraient réellement commencé que le 5 janvier 2026, selon elle. « Tarder à informer les consommateurs alors qu’il s’agit de produits sensibles pour bébés est inacceptable », s’insurge Foodwatch.
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Est-on au début d’un nouveau scandale sanitaire d’ampleur ? La cellule investigation de France Info révélait le 19 janvier que « de nombreux parents ont alerté les autorités sanitaires, signalant des symptômes possiblement liés à la consommation de lait des marques concernées ». Une soixantaine d’appels ont été reçus par les centres antipoison, tandis que d’autres familles ont contacté directement leur Agence régionale de santé (ARS), précisait le média.
Le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz a été signalé aux autorités françaises. Des analyses épidémiologiques et alimentaires sont en cours. En parallèle, une enquête judiciaire a été ouverte, a indiqué à France Info le ministère de la Santé, le 20 janvier. Ce dernier précise que pour l’heure, « l’imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé dans le retrait-rappel n’est pas établie ».