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Le Parlement européen face à la bactérie tueuse d’oliviers

Durée de lecture : 3 minutes

20 mai 2015 / Philippe Desfilhes (Reporterre)

Reporterre observe les temps forts de la session plénière du Parlement européen. Au programme des députés cette semaine, la bactérie Xylella Fastidiosa : affectant le sud de l’Italie, elle pourrait se transformer en grave épidémie.

Autre sujet en discussion : l’exploitation des minerais utilisés dans les téléphones portables et provenant de régions en guerre.


Dans le sud de l’Italie, la bactérie Xylella Fastidiosa ravage les oliveraies. Pour faire face au danger que constituerait la propagation de l’épidémie vers les autres pays européens, une résolution sera votée mercredi 20 mai en session plénière. Il s’agit pour les députés d’aller au-delà des décisions prises le 28 avril dernier par la Commission européenne.

Celle-ci a proposé l’éradication de tous les végétaux dans un rayon de cent mètres autour de chaque plante atteinte par Xylella Fastidiosa ainsi que la mise en place d’une zone tampon de vingt kilomètres autour des sites contaminés. Le texte européen propose aussi l’interdiction totale d’importation pour les caféiers en provenance du Honduras et du Costa Rica.

Risque de catastrophe socio-économique et écologique

« Ces mesures ne sont pas suffisantes. Il faut interdire l’importation de toutes les plantes susceptibles d’être contaminées en provenance de tous les pays tiers où se trouve la bactérie (notamment les Etats-Unis et le Brésil) », explique-t-on dans l’entourage de José Bové, député EELV et membre de la Commission de l’Agriculture où s’élabore la résolution. Une liste de plus de 200 plantes concernées par les quatre souches connues de la bactérie a été établie. « Il faut aussi placer en quarantaine les zones contaminées, à commencer par la Province de Lecce où les foyers endémiques ont été découverts », poursuit notre interlocuteur à Strasbourg.

Oliviers bien sûr, mais aussi agrumes, vignes, pruniers, amandiers, tabacs, lauriers roses, chênes, ronces… une trentaine d’espèces est concernée par la souche de la bactérie repérée dans les Pouilles.

« Aucun de ces végétaux ne doit pouvoir sortir de la Province de Lecce car la prolifération de cette bactérie serait une catastrophe socio-économique et écologique. En parallèle, l’Europe doit développer la recherche de traitements, favoriser la biodiversité dans les exploitations touchées et aider les agriculteurs concernés en puisant dans la réserve abondée à hauteur de 480 millions d’euros pour faire face aux crises agricoles », poursuit notre interlocuteur.

Décidée dans l’urgence, la résolution a fait l’objet des habituelles négociations entre les groupes concernés. « Il est malheureusement à craindre que le PPE (la droite européenne, NDLR) et le Parti des socialistes européens n’aient pas le courage politique de décider cette nécessaire mise en quarantaine », déplore-t-il.

Trafic de minerais dans les zones de conflit

Mardi 19 mai, les députés ont voté une proposition du Parlement européen et du Conseil instaurant un mécanisme européen d’auto-certification pour les importateurs d’étain, de tantale, de tungstène et d’or originaires de zones de conflit à haut risque. Sont visées principalement les régions d’Afrique centrale où le trafic de ces minerais indispensables à la fabrication de nos ordinateurs et téléphones portables s’accompagne d’exactions sur les populations.

« On peut regretter là encore que les mesures prises ne soient pas plus coercitives et qu’elles ne contraignent pas davantage les entreprises. Mais c’est un pas dans la bonne direction même si l’Union européenne n’a malheureusement guère de possibilités d’intervenir dans ces régions en guerre », commente le membre de la délégation Europe Ecologie au Parlement.

Le vote a été salué de manière très positive par Amnesty International.


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Lire aussi : Le Parlement Européen s’inquiète du gaspillage que représente le projet de fusion nucléaire ITER

Source : Philippe Desfilhes pour Reporterre

Photo : Wikipedia (CC)

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