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En brefÉnergie

Le Venezuela vote l’intégration d’une région guyanienne très riche en pétrole

Les chutes de Kaieteur, dans le centre du Guyana.

C’est, en apparence, une approbation massive au projet d’annexion. Le référendum consultatif organisé le 3 décembre par le président du Venezuela, Nicolas Maduro, posait la question de la légitimité d’une intégration au pays de l’Essequibo, une région du Guyana, le pays voisin. Le résultat a été sans appel, avec plus de 95 % de « oui ».

La réelle participation des Vénézuéliens à ce référendum est toutefois soumise à caution : la moitié des électeurs se seraient officiellement déplacés aux urnes, mais le chiffre est flou et contesté par les oppositions. De plus, les premiers concernés, les habitants de l’Essequibo, n’ont eux-mêmes pas été consultés.

Le Guyana craint que la manœuvre ne serve de prétexte à une invasion militaire et dénonce une « menace existentielle » pour son territoire. Le Brésil, qui partage une frontière avec les deux pays, avait annoncé avant le vote avoir « intensifié ses actions défensives dans la région frontalière du Nord et augmenté sa présence militaire ». Le Venezuela dément pour sa part toute velléité d’action militaire.

L’Essequibo représente 70 % de la superficie et 20 % de la population du Guyana. La région regorge surtout de pétrole, centre des convoitises et tensions entre les deux voisins. En 2015, ExxonMobil a découvert un énorme gisement au large de ses côtes. Le Guyana compterait en tout, en réserves prouvées, plus de 11 milliards de barils de pétrole, ce qui lui vaut le surnom de « nouvel émirat ».

Ironie du sort, ces tensions s’exacerbent au moment ou les vrais émirats — les Émirats arabes unis — hébergent la COP28. Le sommet climatique a pour enjeu principal un accord sur la sortie des énergies fossiles : arrêter dès aujourd’hui tout nouvel investissement fossile est indispensable pour espérer limiter la catastrophe climatique.

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