Le braconnage envahit la réserve naturelle de la baie de Canche, dans le Pas-de-Calais
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Plusieurs associations du Nord de la France ont récemment adressé une lettre ouverte au président de la République afin d’exiger de l’Etat qu’il s’engage à faire procéder au balisage des limites de la réserve naturelle nationale de la baie de Canche (Pas-de-Calais), créée le 9 juillet 1987 sur le domaine public maritime, au lieu-dit « la plage des pauvres ».
Depuis trente ans, la chasse y est illégalement pratiquée avec l’accord de l’Etat puisque celui-ci ne fait pas respecter la règlementation, empêchant de la sorte les services de police de verbaliser les chasseurs.
Ces actes de braconnage sont non seulement contraires à la loi mais ils créent de surcroît une insécurité permanente pour les visiteurs (promeneurs, randonneurs, naturalistes, écoliers) d’août à février.
« La plage des pauvres » présente un grand intérêt pour l’avifaune migratrice et hivernante. Elle est la seule vasière que les limicoles peuvent utiliser dans la réserve naturelle. Cette haute valeur patrimoniale attestée par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) et la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), justifie, selon les associations environnementales mobilisées, l’inscription de ce territoire dans la réserve nationale. Elles signalent que, face à la requête du Groupement pour la défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil-sur-mer et le Pas-de-Calais (GDEAM 62), lequel avait contesté le refus du préfet du Pas-de-Calais de procéder au balisage, le tribunal administratif de Lille a enjoint à ce dernier « de procéder au réexamen de la demande du GDEAM 62, conformément aux dispositions du plan de gestion applicables (…) dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement » (jugement du 07/06/2017).
À l’heure où un vaste projet de « serres tropicales », appelé Tropicalia, s’apprête à voir le jour dans une des communes proches de « la plages des pauvres », ces associations soulignent qu’il est important et urgent de mettre en exergue la richesse écologique et biologique du littoral montreuillois.
Une pétition a été mise en ligne afin d’exercer une pression sur le préfet du Pas-de-Calais, qui doit prendre une décision avant la fin du mois de mai 2018.
- Les associations signataires de la lettre ouverte au président de la République
La Fédération Nord nature environnement, le Groupement pour la défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil-sur-mer et du Pas-de-Calais, la Fédération FNE Hauts-de-France, le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas-de-Calais, la Ligue pour la protection des oiseaux du Pas-de-Calais, la coordination mammologique du Nord de la France.
- Source : Didier Harpagès pour Reporterre