Fini la culture de moules en Méditerranée dès 2050, selon une étude
Afin de reproduire les conditions attendues en 2050, l’eau était chauffée de +1 °C, et enrichie en CO2. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 / Edouard Hue
Afin de reproduire les conditions attendues en 2050, l’eau était chauffée de +1 °C, et enrichie en CO2. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 / Edouard Hue
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Pourra-t-on encore longtemps manger des moules et des huîtres en Méditerranée ? Dans une étude publiée le 13 décembre dans la revue Earth’s Future, une équipe de chercheurs rattachés notamment au CNRS, à l’Ifremer et à Sorbonne Université alertent sur les conséquences du réchauffement climatique sur ces deux mollusques. Ils anticipent un « effondrement total » des cultures de moules dans la région dès 2050, en raison des conditions climatiques défavorables attendues à cet horizon.
Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié la survie de moules méditerranéennes et d’huîtres du Pacifique (très cultivés dans la région), qui avaient été placées dans un container rempli d’eau non filtrée issue de la lagune de Thau, connue pour sa forte activité conchylicole. L’expérience a duré quatorze mois. Afin de reproduire les conditions attendues en 2050, 2075 et 2100, l’eau était chauffée de +1 °C à +3 °C, et enrichie en CO2 (ce qui permet de prendre en compte l’acidification de l’océan).
Les résultats sont « préoccupants », écrivent les chercheurs. Les huîtres ont vu leur taux de survie diminuer de 7 % dans les conditions prévues pour 2100. Les moules supportent encore moins bien le réchauffement de la mer. Avec une augmentation de sa température pouvant sembler limitée (+1 °C, soit les conditions attendues en 2050), les populations étudiées se sont totalement effondrées. En Italie ou en Grèce, des épisodes de mortalité massive de moules ont déjà lieu aujourd’hui, précise le chercheur Fabrice Pernet dans Le Monde.
Ces résultats éclairent les mortalités massives déjà observées de manière sporadiques en Méditerranée aujourd’hui, indiquent les chercheurs, selon qui indiquent la mytiliculture dans la région pourrait être « gravement compromise d’ici le milieu du siècle ». « Nos résultats appellent de toute urgence à l’élaboration de stratégies d’adaptation en Méditerranée », écrivent-ils.