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Le manifeste écologique de Nuit debout

26 avril 2016 / Commission Ecologie/climat de Nuit debout



La commission Ecologie/climat de Nuit debout a rédigé un manifeste pour une démocratie écologique. Il propose des « orientations pour la construction d’un destin commun ». Le voici.

La commission Ecologie/climat est l’une des commissions citoyennes installées par les participants au rassemblement Nuit debout de la place de la République.


Pour Rémi Fraisse

Ce Manifeste est proposé par la commission Ecologie climat/Nuit debout. Il ouvre des possibles et pose des principes. Il est évolutif et participatif. Il sera suivi par des propositions de solutions.

Crises climatique, de la biodiversité, des ressources, pollutions et perturbations des cycles naturels, la crise écologique est globale. L’humanité est aujourd’hui placée devant un choix qui détermine son avenir. Tout est lié. Les politiques actuelles conduisent à la destruction de l’être humain et de la planète. Mais si nous renversons la perspective, la convergence des luttes sociales et écologiques trouveront des solutions à travers l’écologie. 

Les objectifs sont les mêmes : lutter contre la violence des inégalités et des injustices, qui frappent d’abord les plus pauvres. L’écologie est une voie pour reconstruire une société non seulement vivable, mais plus juste. 

Les capitalistes ont bien compris l’enjeu, car oui, c’est leur business que nous menaçons ! Celui des énergies les plus néfastes, celui du commerce international le plus brutal. Mais la modernité, ce n’est pas la croissance infinie, même repeinte en vert, c’est une transition écologique sérieuse, qui rompe avec le capitalisme du désastre et de la démesure. Nous devons apprendre à vivre dans les limites des ressources de la planète. Les irresponsables, ce sont ceux qui précipitent l’humanité sur des chemins désastreux, pas nous.

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Place de la République.

Ce qui émane de Nuit debout, c’est l’idée qu’en venant à la rencontre des autres, en partageant, en agrégeant connaissances et ressentis, chacun de nous vient s’éveiller à la société qui l’entoure et se réapproprier la politique. Nous croyons que la formidable mise en commun des énergies que nous vivons ici peut infuser en chacun de nous.

L’écologie n’est pas seulement environnementale et sociale, c’est aussi une écologie sensible, de l’attention, une écologie libératrice ! Ainsi, la culture, l’art, la poésie seront essentiels pour dépasser les discours factuels. Face à un monde fini, nous faisons le pari que les ressources de l’être humain, celles de l’intelligence et celles du cœur, elles, sont infinies. 

Notre écologie est une écologie d’en bas, par nos choix, par des propositions citoyennes locales et collectives. Face à l’effondrement, à la crise écologique et climatique, nous mettons en place une transition écologique fondée sur la résilience. Nous n’avons pas la prétention de dire ce qu’il faut faire, car ces démarches existent déjà. Aussi, nous faisons appel à toutes les bonnes volontés, personnelles, citoyennes, associatives, pour promouvoir ici même ces propositions. Nous avons besoin, contre l’effondrement, de construire un projet en repensant le monde à partir de nos aspirations à une émancipation citoyenne, sociale et écologiste. Les orientations présentées dans ce manifeste s’inscrivent dans la construction de ce destin commun. 

  • Debout pour une transition énergétique !

Depuis la révolution industrielle, nos sociétés se sont développées grâce à une consommation toujours plus importante de ressources énergétiques. Ce système atteint aujourd’hui ses limites sans pour autant bénéficier à tous : 20 % des humains consomment 80 % des ressources. Face aux crises énergétique et climatiques, nous devons préparer dès aujourd’hui des sociétés justes, sobres en énergie et approvisionnées à 100 % par les énergies renouvelables à partir des scénarios existants.

- Pour la justice climatique, vers la fin des énergies fossiles 

- Pour la sortie programmée du nucléaire ;

- Vers le développement des énergies renouvelables citoyennes et décentralisées ;

- Vers la sobriété énergétique ;

- Vers l’efficacité énergétique ;

- Pour des modes de transports plus économes en énergie, en espace, en paysages et en vies humaines.

  • Debout pour une l’agriculture paysanne et une bonne alimentation !

Après un demi-siècle de course au productivisme agricole, les conséquences sont désastreuses : élevages hors-sol, dégradation des eaux et des sols, monocultures, engrais chimiques, pesticides, atteinte à la fertilité naturelle des terres, surconsommation d’eau, destruction de la biodiversité animale et végétale. L’agriculture industrielle n’est compétitive que parce qu’elle est placée sous la perfusion des subventions publiques. Dans le Sud, on crève de faim, dans le Nord, on crève de stress et de malbouffe. Les peuples doivent avoir le droit à leur souveraineté alimentaire.

- Vers une agriculture paysanne biologique, locale et de saison 

- Vers une agriculture qui crée des emplois agricoles avec des revenus suffisants pour les paysans ;

- Contre la privatisation du vivant, pour le libre accès et le partage des savoirs agricoles et des semences ;

- Vers une agriculture qui bannit l’élevage intensif, polluant et imposant sur le marché ses produits nocifs pour la santé ;

- Pour le droit une alimentation saine et diversifiée, accessible à tous.

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Place de la République.

  • Debout pour une société du bien vivre !

Notre état de santé dépend de la qualité de l’air que l’on respire, de l’eau que l’on boit, des produits que l’on mange, de la salubrité de notre logement, des nuisances sonores et du stress auquel nous sommes exposés au travail quand nous en avons. 23 % des décès, selon le dernier rapport de l’OMS, sont dus à l’environnement.. Nos vies ne sont pas des marchandises. Elles ne se négocient pas. Face à ce système, qui ne propose qu’intensification du travail, chômage et précarité, consommation ou misère, nous devons nous réapproprier nos vies 

- Pour la justice environnementale, contre la pollution industrielle ;

- Sortir de cette société de publicité propagande et de gaspillage généralisé ;

- Contre l’obsolescence programmée, réduire, réutiliser, recycler, plutôt que jeter ;

- Pour la gratuité, développer une société basée sur l’échange, l’entraide, les SEL (Services d’échanges locaux), par la mise en commun et la mutualisation de pratiques, de savoirs et de compétences, et le développement de l’économie sociale et solidaire ;

- Respecter le bien-être et la condition animale ;

- Renforcer les droits à un environnement sain et la préservation des conditions de la vie humaine, animale et végétale ;

- Pour une véritable éducation populaire à l’écologie et à l’environnement à tous les niveaux, de l’école primaire aux maisons de retraites.

  • Debout pour une économie écologique !

L’économie actuelle repose sur la dictature du court terme et le profit maximum, qui se traduisent par l’exploitation effrénée des êtres humains et de la nature. Une autre économie s’impose, reposant sur la mutation écologique de la société, et les biens communs, et constitue la seule issue réaliste. Pour éviter la catastrophe, la conversion écologique de l’économie doit commencer dès maintenant. Donner des milliards au patronat pour maintenir des industries polluantes ou délocalisables, développer des Grands Projets inutiles et coûteux ne fait que prolonger les causes de la crise, et va à l’encontre du principe écologique : « Plus de liens et moins de biens. » Nous devons mettre l’économie au service des êtres humains et dans le respect des écosystèmes. Aucune décision ne devra être adoptée sans prendre en compte la dimension écologique.

- Pour la relocalisation des activités économiques ;

- Pour la reconversion des industries inutiles et polluantes ;

- Contre les Grands Projets inutiles et imposés ;

- Pour les biens communs, contre la financiarisation de la nature et la surexploitation des ressources ;

- Pour une véritable fiscalité écologique favorable à l’environnement ;

- Stop aux traités de libre-échange, Tafta et aux pouvoirs des multinationales.

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Place de la République.

  • Bref, pour une écologie conviviale, positive et debout

II n’y a qu’une seule voie possible, celle de la société en mouvement et ses principes : la coopération contre la compétition, la démocratie contre les lobbies, la responsabilité contre la culpabilisation. Nous défendons une société du « vivre mieux » face à la tyrannie du « toujours plus ». L’heure n’est pas à la résignation. Changer le monde, c’est l’affaire de tous !


Télécharger l’intégralité du manifeste :

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Le manifeste de la commission écologie/climat de Nuit debout.

Pour suivre le mouvement Nuit debout :

- Nuit Debout sur Internet : les liens, les adresses

- Le dossier de Reporterre sur Nuit debout




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Lire aussi : Le climat et l’écologie bien présents à Nuit debout

Source : Courriel à Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Photos : Facebook Écologie debout



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