Le nombre de loups pouvant être tués va augmenter de 10 %
Des organisations d'éleveurs ovins estiment que cette augmentation du nombre de loup pouvant être abattus n'est pas suffisante. - Claudiopigazzi / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
Des organisations d'éleveurs ovins estiment que cette augmentation du nombre de loup pouvant être abattus n'est pas suffisante. - Claudiopigazzi / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
Durée de lecture : 2 minutes
En réponse à la mobilisation des agriculteurs, qui dénonce notamment la gestion de la crise de la dermatose bovine et la signature du traité de libre échange entre l’Europe et les pays du Mercosur, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a aligné vendredi 9 janvier un « paquet » de mesures représentant —selon sa communication — 300 millions d’euros de crédits gouvernementaux. Parmi ces mesures, la ministre prévoit d’augmenter de 10 % le nombre de loup pouvant être tués, soit 22 animaux de plus.
Cette hausse, réclamée par certaines organisations d’éleveurs, est jugée encore insuffisante par la Fédération des éleveurs ovins drômois. Elle affirme que le nombre d’animaux tués lors d’attaques de loup a augmenté de 20 % cette année.
« Cette façon de gérer le loup par l’abattage est une aberration »
France Nature Environnement estime au contraire, par la voix de son responsable biodiversité, Jean-David Abel, que le gouvernement « s’assoit totalement sur le droit » qui oblige en théorie les États à protéger le loup. « Dans les quotas actuels, la population avait plus de 50 % de chances de régresser », dit-il.
« Cette façon de gérer le loup par l’abattage est une aberration. Quand vous tirez sur une meute, et que vous tuez les dominants, la meute explose. Les jeunes partent à la recherche d’un territoire [et] leur sexualité n’est plus réprimée par le couple dominant », disait en août à Reporterre Pierre Jouventin, chercheur au CNRS et spécialiste du loup. C’est ainsi que la chasse au loup contribue à son expansion géographique et, faute de meute pour réguler ses comportements, entraîne davantage d’attaques sur le bétail, observe le spécialiste.