Journal indépendant, sans publicité, sans actionnaire, en accès libre, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info Logo Reporterre
Fermer

Déchets nucléaires

Le nucléaire européen pourrait produire 6,6 millions de m3 de déchets radioactifs

Le choix du nucléaire est aussi le choix de la production massive de déchets dont la dangerosité subsistera pendant plusieurs centaines de milliers d’années. C’est en substance ce que montre le rapport mondial sur les déchets nucléaires, publié le 4 novembre par dix experts internationaux.

Le rapport s’est notamment penché sur les pays européens. Sur l’ensemble de leur durée de vie, les réacteurs nucléaires européens pourraient produire un total de 6,6 millions de m3 de différents types de déchets nucléaires soit l’équivalent d’un terrain de foot occupé sur 919 mètres de hauteur (trois fois la Tour Eiffel).

Quatre pays sont responsables de 75 % de ces déchets : la France avec 30 %, la Grande-Bretagne avec 20 %, l’Ukraine avec 18 % et l’Allemagne avec 8 %. Le traitement du combustible usé constitue l’essentiel de la radioactivité produite : selon le rapport, plus de 60.000 tonnes de barres de combustible usé sont entreposés (de manière provisoire) à travers l’Europe (hors Russie et Slovaquie).

« L’accumulation de déchets radioactifs reste un problème non résolu dans la plupart des pays nucléaires, a déclaré Yves Marignac, chef du Pôle énergies nucléaire et fossiles de l’Institut négaWatt. Avec à chaque fois des enjeux techniques et financiers énormes. »

Le rapport s’intéresse en effet à la gestion et au stockage de ces déchets radioactifs. « L’option envisagée pour gérer les déchets les plus radioactifs reste le stockage géologique [sous terre], mais aucun pays n’a à ce jour réussi à mettre en œuvre un centre de stockage de ce type », a précisé Manon Besnard de l’institut négaWatt. En France, le projet d’enfouissement en formation géologique profonde (Cigéo), dont la construction pourrait débuter en 2023 ou 2024 se heurte à d’importants obstacles techniques et politiques tandis qu’en Allemagne, une concertation publique devrait déboucher sur la sélection d’un site d’ici à 2031.

Arne Jungjohann, coordinateur du rapport, a également alerté sur la « sous-estimation significative par les gouvernements nationaux et les opérateurs des coûts du déclassement, du stockage et de l’élimination des déchets nucléaires. Pas un seul pays en Europe n’a jusqu’à présent pris les dispositions suffisantes pour les financer. Il y a un risque que les coûts réels, massifs, soient finalement supportés par les contribuables ».

Recevoir gratuitement par e-mail les lettres d’info

Inscrivez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’inscrire
Fermer Précedent Suivant

legende