Le plus gros navire de croisière au monde lève l’ancre
Durée de lecture : 3 minutes
L’Icon of the Seas, plus gros paquebot du monde avec ses 365 mètres de long, lève l’ancre le 27 janvier depuis Miami pour sa première croisière dans les Caraïbes. Une très mauvaise nouvelle pour l’environnement.
Deux mille chambres, sept piscines, vingt ponts, quarante bars et restaurants, une cascade géante : on se croirait à l’intérieur d’un immense centre commercial, et pourtant, il s’agit du nouveau paquebot de la compagnie américaine Royal Caribbean International : Icon of the Seas.
Ce nouveau géant des mers de 250 000 tonnes, cinq fois plus lourd que le Titanic, peut accueillir près de 10 000 passagers et membres d’équipage, un empilement qui lui a valu le surnom de « lasagnes humaines », d’après The Guardian.
La fausse promesse du gaz naturel liquéfié
Fabriqué en Finlande pendant 900 jours et pour 1,65 milliard de dollars, l’Icon of the Seas est le premier mastodonte d’une nouvelle série de navires propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), un carburant moins générateur de CO2. La compagnie met en avant ce changement de carburant pour qualifier l’Icon de géant « écolo ».
Or, l’utilisation de gaz naturel comme carburant peut être à l’origine d’importantes fuites de méthane, qui représente une immense partie de l’énergie contenue dans le GNL. Ce gaz à effet de serre possède un pouvoir réchauffant 87 fois plus important que le CO2 sur une période de vingt ans d’après la Fédération européenne pour le transport et l’environnement.
Take a one minute timelapse walk through of the biggest cruise ship ever built, @RoyalCaribbean Icon of the Seas. pic.twitter.com/GaFul0cXDd
— Cruise Fever (@CruiseFever) January 23, 2024
En termes de pollution, ce genre d’immeuble flottant est aussi une des pires nouvelles pour l’environnement, à travers les eaux usées et les déchets solides générés par ses passagers. D’après l’ONG Friends of the Earth, Explorer of the Seas (un navire de la même compagnie que l’Icon of the Seas) produit chaque jour 1,9 million de litres d’eaux usées et 19 tonnes de déchets solides.
En plus des poissons, les paquebots de tourisme empoisonnent aussi les êtres humains. Quand ils sont à quai, leurs moteurs relâchent des particules fines, de l’oxyde d’azote et du dioxyde de soufre, tous potentiellement cancérigènes, sur les quartiers voisins des quais.
Un bateau jumeau en 2025
C’est ce qui a poussé des militants à bloquer l’arrivée de paquebots de croisière dans le port de Marseille en 2022 et des citoyens marseillais à saisir la justice pour mettre fin à ces pollutions mortifères en 2023.
Une fois arrivée l’heure de la retraite, les paquebots sont souvent envoyés au Pakistan ou au Bangladesh, dans des décharges sauvages où ils continuent de polluer alors qu’on les démonte à même le sable, sans protection pour les travailleurs ou l’environnement.
Pour autant, le business des paquebots géants n’est pas prêt de s’arrêter. Icon of the Seas n’est que le premier d’une série de monstres des mers : il sera rejoint dès l’été 2025 par son jumeau, le Star of the Seas.