Le pouvoir s’acharne contre le journaliste Gaspard Glanz

Durée de lecture : 3 minutes

6 mai 2017

Le journaliste Gaspard Glanz était poursuivi pour "injures publiques" à l’encontre de policiers. Le tribunal de Rennes l’a relaxé au nom de la liberté de la presse. Mais le procureur a décidé de faire appel de cette décision, poursuivant l’acharnement dont est victime notre confrère, qui a aussi collaboré à Reporterre. Voici le communiqué publié le 6 mai par ses avocats :

« Le journaliste Gaspard Glanz, fondateur et gérant de l’agence de presse Taranis News, est confronté à un acharnement judiciaire et politique d’une rare intensité.

Fiché « S » pour atteinte à la sûreté de l’État, visé par la loi sur l’état d’urgence, poursuivi par les procureurs de la République de plusieurs villes, Gaspard Glanz est manifestement ciblé par le pouvoir. Son travail serait-il si dérangeant ?

Gaspard Glanz est un journaliste de terrain qui montre la violence et la souffrance de notre monde. Ses images documentent notre époque, les réfugiés de Calais, les manifestants en révolte, les mouvements sociaux. Sa contribution à l’information du public est essentielle.

Or, le ministère public et l’administration multiplient les poursuites bâillons contre Gaspard Glanz, qui doit déployer une énergie considérable à se défendre plutôt qu’à faire son travail.

Poursuivi devant le Tribunal de Boulogne-sur-Mer, Gaspard Glanz est toujours sous contrôle judiciaire et n’a pas le droit de se rendre dans le Pas-de-Calais pour informer sur la situation des migrants. Il est toujours dans l’attente de son procès fixé le 7 juin.

Deux précautions valant mieux qu’une, la préfète du Pas-de-Calais décidait quant à elle, au nom de l’état d’urgence, d’interdire Gaspard Glanz de se rendre dans le Calaisis. Elle retirait soudainement son arrêté à l’approche d’une audience devant le Tribunal administratif qui devait dire si ce procédé était ou non légal. Comme si l’Etat avait peur d’être pris en faute…

Poursuivi pour injure publique envers des policiers devant le Tribunal de Rennes, ce dernier a rendu son jugement le 2 mai 2017 en faisant droit aux nullités soulevées par sa défense et a constaté la prescription de l’action publique.

Ce faisant, le Tribunal appliquait la grande loi sur la liberté de la presse de 1881, « l’une des rares lois républicaines de la République », disait Léon Blum. Cette loi a montré, encore une fois, son importance pour protéger la liberté d’expression dans une démocratie tourmentée.

C’est donc avec stupeur et consternation que Gaspard Glanz a appris le 5 mai 2017 que le procureur de la République de Rennes avait décidé de faire appel de cette décision de justice.

Ses avocats dénoncent un acharnement judiciaire et administratif qui porte atteinte à la liberté de la presse et empêche Gaspard Glanz de faire son travail sereinement.

Vincent Fillola
Raphaël Kempf
Aïnoha Pascual
Boris Rosenthal »

  • Source : Courriel à Reporterre
  • Photo : Gaspard Glanz en janvier 2017 (Clique)

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