Le rugby imagine son futur climatique... et botte en touche
1 grand stade de rugby sur 10 est menacé de submersion, selon un récent rapport. - Pxhere/CC0
1 grand stade de rugby sur 10 est menacé de submersion, selon un récent rapport. - Pxhere/CC0
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Que donnent les prévisions du Giec [1] pour le monde du rugby ? C’est la question à laquelle s’applique à répondre un rapport inédit publié début juin, par la Fédération internationale de Rugby, baptisée World Rugby. Il s’applique à anticiper les conséquences d’une planète à +2 °C pour dix nations pratiquant l’ovalie et représentatives des membres de la fédération. Figure dans cette liste les îles Fidji, menacées de submersion à cause de la montée des eaux, l’Afrique du Sud, l’Angleterre, l’Argentine, l’Australie, la France, l’Inde, le Japon, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis.
Les conclusions ne sont pas très surprenantes : l’augmentation du nombre de jours de chaleur extrême va réduire la période pendant laquelle le rugby peut être joué. « Les vagues de chaleur continueront d’affecter les performances des athlètes et la santé des spectateurs », note la Fédération. Les sécheresses affecteront les terrains engazonnés ; 1 grand stade sur 10 est menacé de submersion et « un tiers des stades étudiés [...] seront confrontés à une augmentation de l’activité des vents et des cyclones », poursuit-elle.
Ce rapport est publié alors que le monde du rugby a récemment pris des décisions qui multiplieront les déplacements des joueurs et les vols internationaux, note France Info. Cinq nouvelles nations africaines ont été intégrées dans les compétitions européennes et un nouveau tournoi, la Nations Cup, verra s’affronter vingt-quatre équipes tous les deux ans.
« Nos modèles d’événements et d’organisation de championnats entrent en contradiction avec nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre », constate donc auprès de France Info Maël Besson, spécialiste de la transition écologique ayant participé à la rédaction du rapport.
Les recommandations de ce rapport n’abordent d’ailleurs pas ce sujet et restent peu engageantes. Elles prônent des plans de développement durable pour chaque club, des outils de gestion pour anticiper les conséquences du changement climatique, de l’aide pour les « communautés de rugby » les plus vulnérables, et des « stratégies locales d’adaptation et d’atténuation ».