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Pesticides

Le sénateur pro-glyphosate démenti par ses pairs

« Contrairement à ce qui a pu être indiqué, [le rapport parlementaire] ne se prononce pas sur la toxicité à long terme du glyphosate ». C’est ainsi qu’a réagi, lundi 13 mai, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) suite aux déclarations pro-glyphosate d’un des membres de l’Office dans la presse.

Dimanche 12 avril, dans un entretien accordé au journal La Dépêche, Pierre Médevielle, le sénateur UDI de Haute-Garonne, a ainsi affirmé « que si le glyphosate a certainement beaucoup de défauts, aucune étude scientifique ne prouve formellement sa cancérogénicité ni en France, ni en Europe, ni dans le monde ». Le tout en se fondant sur les auditions et études menées dans le cadre de son travail au sein de l’OPECST.

Ce même Office a donc démenti vouloir « rouvrir le débat sur l’interdiction du glyphosate » : « il n’appartient pas à l’OPECST de formuler une vérité scientifique officielle ou de procéder par lui‑même à des travaux de recherche ».

En fait, le rapport parlementaire incriminé, réalisé par 4 parlementaires dont M. Médevielle, aborde « la question de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences », principalement européenne (EFSA) ou françaises (ANSES). « L’objectif de cette mission consistait à comprendre le fonctionnement des agences, les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans la conduite et la restitution de leurs travaux d’évaluation des risques et dessiner des pistes pour renforcer la confiance dans l’expertise scientifique qu’elles produisent », a précisé l’OPECST dans un communiqué.

Et donc, si la question du glyphosate est abordée dans le rapport, c’est « pour mettre en perspective les différences d’appréciations entre le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et les agences d’évaluation, notamment l’EFSA, afin d’éclairer le public sur le contenu et la portée de ces divergences apparentes entre experts », a encore indiqué l’OPECST.

Joint par Reporterre, le député insoumis Loïc Prud’homme, membre de l’Office, s’est offusqué des déclarations de M. Médevielle : « On a affaire à un sénateur qui dévoie un rapport à des fins de propagande pro-glyphosate », a-t-il dénoncé. Le député n’a pas encore eu connaissance du rapport, sous embargo jusqu’à jeudi 16 mai, qui n’a ni été discuté, ni été adopté par l’ensemble des membres de l’Office.

-  Source : Reporterre.

-  Photo : Pierre Médevielle

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