Le trafic de cocaïne menace les oiseaux migrateurs d’Amérique centrale
Les trafiquants de drogue défrichent par exemple les terres. Ici, de la cocaïne saisie en Floride, en 2013. - Flickr/CC BY-NC-ND 2.0/Seaman Joseph Betson/Coast Guard News
Les trafiquants de drogue défrichent par exemple les terres. Ici, de la cocaïne saisie en Floride, en 2013. - Flickr/CC BY-NC-ND 2.0/Seaman Joseph Betson/Coast Guard News
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Le trafic de cocaïne menace des habitats importants pour des dizaines d’espèces d’oiseaux migrateurs américains, selon une étude publiée le 12 juin dans la revue scientifique Nature Sustainability.
« Lorsque les trafiquants de drogue sont poussés dans des zones forestières reculées, ils défrichent les terres pour créer des pistes d’atterrissage, des routes et des zones de pâturage pour le bétail », explique l’autrice principale de l’étude, Amanda Rodewald, directrice du Centre d’études des populations aviaires au Laboratoire d’ornithologie de l’université Cornell. Ces activités peuvent déboiser des zones entières, et ainsi menacer les espèces d’oiseaux qui passent l’hiver en Amérique centrale avant de partir nicher en Amérique du Nord.
Les auteurs de cette étude estiment que pour 1 espèce migratrice sur 5, plus de la moitié des individus vit dans une zone vulnérable à l’expansion du trafic de drogues. 90 % de la population mondiale de parulines à dos noir et 70 % de celle des parulines à ailes dorées, par exemple, hivernent dans ces espaces, selon les chercheurs.
« La politique antidrogue des États-Unis en Amérique centrale se concentre sur l’offre, et les pressions exercées par les forces de l’ordre jouent un rôle important dans le déplacement des itinéraires de trafic et la localisation de la narcodéforestation », analyse, dans un communiqué, Nicholas Magliocca, professeur associé à l’université de l’Alabama et coauteur de l’étude. Cette approche n’a selon lui pas fonctionné : « Le trafic de cocaïne n’a fait que s’étendre et est devenu un réseau mondial. Autrefois, la cocaïne ne faisait que transiter par l’Amérique centrale, mais aujourd’hui, elle est devenue une plaque tournante. »
Afin de réduire le trafic en Amérique centrale et mieux protéger les oiseaux migrateurs, Amanda Rodewald recommande de mettre en place des mesures renforçant la capacité des communautés locales et des gouvernements à surveiller leurs forêts, à développer d’autres formes de revenus, et résoudre les problèmes de propriété foncière dans la région.