Le village qui éteint ses réverbères pour rallumer les étoiles

5 juillet 2014 / Jean-Luc Bobin (L’Indépendant)

Engagée depuis quatre ans dans une démarche de réduction de la pollution lumineuse, la commune de Mantet, dans les Pyrénées orientales, est aujourd’hui récompensée par le label « Villes et villages étoilés ». Unique.


Jean-Luc Blaise, le nouveau maire de Mantet, l’admet bien volontiers. « Certes, au début, certains ont eu des doutes. N’imaginaient pas qu’il puisse faire si noir en pleine nuit ». Mais depuis, le pli est pris.

Chaque soir, l’éclairage public du village s’éteint. A partir de 23 heures en hiver et minuit en été. Jusqu’à 6 heures du matin. Une décision prise en octobre dernier. « En concertation avec l’ensemble de la population ».

Certes, les 27 habitants permanents étaient les principaux concernés. Mais toutes les personnes inscrites sur les listes électorales ou propriétaires de maisons secondaires ont, elles aussi, été amenées à se prononcer sur le projet. Soit une soixantaine. « 90 % y ont répondu favorablement », se félicite l’élu.

Une réduction de la pollution lumineuse mûrement réfléchie

Cette décision de procéder à l’extinction totale des feux au cœur de la nuit n’est pas née d’une soudaine lubie. Elle est le fruit d’une longue réflexion entamée par la précédente municipalité en collaboration avec les agents de la Réserve naturelle.

« Dans le cadre des diverses animations que nous organisons autour de soirées thématiques consacrées à l’astrologie et à l’observation des étoiles, nous avons été amenés à découvrir le travail formidable qu’effectue l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN) », résume la technicienne Karine Chevrot.

« A travers l’attribution du label ’Villes et villages étoilés de France’, elle accompagne et met chaque année à l’honneur une commune engagée dans la réduction de la pollution lumineuse ».

L’idée de postuler s’est alors peu à peu fait jour. « D’autant que Mantet avait déjà initié une démarche d’enfouissement des réseaux électriques, renchérit le maire, et procédé également au remplacement des luminaires avec un éclairage vers le bas et entrepris une diminution du nombre de watt de nos ampoules ».

Insuffisant néanmoins, au regard du strict cahier des charges de l’ANPCEN, pour pouvoir prétendre à l’une des cinq étoiles possibles. Persévérant, Mantet peaufine donc son dossier. Réalise de nouveaux efforts en terme de consommation d’énergie. « Mais pour avoir une réelle chance d’obtenir ce fameux label, il nous fallait impérativement éteindre ».

Ce qui fut donc fait. Avec succès. Puisque quatre étoiles scintillent maintenant à l’entrée du village. Seule commune des P.-O à pouvoir s’enorgueillir d’une telle distinction, Mantet espère désormais que cette reconnaissance nationale contribuera à ouvrir la voie à d’autres villages du Conflent. A tracer une autre voie. Lactée, bien sûr. Celle après laquelle courent les chasseurs d’étoiles filantes et de météorites de la France entière.


La manne du tourisme astronomique

Pour la commune, la lutte contre les pollutions lumineuses est bénéfique à plus d’un titre. Sur le plan budgétaire d’abord. Car elle divise la facture de l’éclairage public par deux. Son impact sur la faune est également indéniable en participant à la préservation des insectes et des chauves-souris. Sur le plan touristique enfin. Car les passionnés d’astronomie se réfèrent énormément au label « Villes et villages étoilés ». Fort de cette distinction, Mantet envisage de développer le tourisme astronomique.

En août, le village accueillera la version off du festival d’Astronomie de Tautavel. Le réseau Fripon des Chasseurs de météorite pourrait, en outre, y implanter prochainement ses caméras.


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Source et image : L’indépendant

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