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Les antipuces pour chiens polluent massivement lacs et étangs

Même 28 jours après l’application d’un antiparasitaire, la quantité de pesticides libérée par un chien de 45 kilos dans un volume d’eau de 100 mètres cube dépasse les seuils de sécurité.

Les traitements antipuces et antitiques à base d’insecticides présentent « des risques écologiques évidents », selon une étude publiée début juin dans la revue scientifique VetRecord. Ses auteurs montrent que les chiens traités avec ces produits « spot-on » peuvent libérer dans l’eau des lacs, des rivières ou des étangs dans lesquels ils se baignent des niveaux d’ingrédients actifs nocifs pour les écosystèmes aquatiques. Et ce, jusqu’à vingt-huit jours après l’application de ces produits sur leur peau et leur fourrure.

L’équipe de chercheurs est parvenue à cette conclusion après avoir appliqué des traitements antipuces et antitiques contenant soit du fipronil (un antiparasitaire aux effets insecticide et acaricide), soit de l’imidaclopride (un néonicotinoïde utilisé notamment pour lutter contre les puces) à deux groupes de 25 et 24 chiens. Lesdits chiens étaient en bonne santé, et n’avaient pas été en contact avec un antiparasitaire dans les trois mois précédant l’expérience.

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5, 14, et 28 jours après l’application de ces traitements, ces chiens ont été immergés jusqu’aux épaules dans des bacs remplis d’eau, pendant cinq minutes. Les scientifiques ont ensuite mesuré les niveaux de pesticides dans l’eau. Du fipronil et de l’imidaclopride ont été détectés dans 100 % des échantillons.

Mort des mollusques, vers et crustacés

Même 28 jours après l’application d’un antiparasitaire, la quantité de pesticides libérée par un chien de 45 kilos dans un volume d’eau de 100 mètres cube dépasse les seuils de sécurité (ou « concentrations sans effet prévus ») déterminés par l’Agence européenne des produits chimiques. 100 mètres cube d’eau équivaut à un petit étang, mais de plus larges volumes d’eau pourraient être pollués de manière équivalente si de nombreux chiens s’y baignent souvent, a expliqué la vétérinaire Rosemary Perkins, chercheuse à l’université de Sussex et autrice principale de cette étude, au média étasunien New Scientist. Une étude publiée en 2023 estime que 3 millions de baignades de chiens traités avec de l’imidaclopride ont lieu chaque année au Royaume-Uni.

De nombreuses études ont documenté les effets délétères de l’imidaclopride et du fipronil sur la faune aquatique. Il a notamment été prouvé que leur présence dans l’eau pouvait entraîner un déclin des organismes vivant sur les fonds, et réduire l’abondance de mollusques, vers et crustacés. 86 % des propriétaires de chiens ne sont pas au courant de ces risques, d’après une étude menée à Londres en 2024.

Afin de limiter les risques, les auteurs de cette étude recommandent notamment d’interdire pendant une longue période de temps la baignade aux chiens traités avec des antiparasitaires, et de limiter la vente de ces produits aux personnes disposant d’une ordonnance.

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