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Les chauves-souris de Martinique menacées par deux nouveaux parcs éoliens

Entre 2019 et 2024, les associations ont recensé 192 cadavres de chauves-souris sur le parc éolien déjà existant. Selon leurs calculs, près de 1 116 chiroptères auraient été tués sur cette période par les sept éoliennes du site. Photo d'illustration.

Deux nouveaux parcs éoliens vont être implantés à proximité du site déjà existant de Grand’Rivière, en Martinique, aux abords de la réserve biologique intégrale de la montagne Pelée. Ces projets risquent d’impacter un gîte de chiroptères classés d’intérêt prioritaire majeur pour l’île, alertent la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM), le Groupe chiroptères de Guadeloupe et l’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA).

Les trois associations s’inquiètent du risque accru de mortalité des chauves-souris et des oiseaux de l’île. Entre 2019 et 2024, elles ont recensé 192 cadavres de chauves-souris sur le parc éolien déjà existant. Selon leurs calculs, près de 1 116 chiroptères auraient été tués sur cette période par les sept éoliennes du site.

« Parmi les espèces affectées figurent notamment le Monophylle des petites Antilles (Monophyllus plethodon), classé vulnérable sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et plusieurs espèces endémiques des petites Antilles », pointe la SFEPM, qui rappelle que ces espèces « jouent un rôle écologique fondamental, notamment dans la pollinisation (arbres sauvages et jardins), la dissémination des graines de nombreuses essences patrimoniales et la régulation des populations d’insectes ».

Pour les associations, la mise en service annoncée des deux nouveaux parcs éoliens fait peser une menace grave et cumulative sur des populations déjà fortement fragilisées. « La transition énergétique est indispensable, mais elle ne peut se faire au détriment d’espèces patrimoniales protégées, héritage naturel commun irremplaçable et maillons essentiels de la biodiversité des Antilles », pointe la SFEPM.

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