Média indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

En bref — Climat

Les clémentines ont moins de goût, c’est à cause du changement climatique

Nos aînés aiment parfois rappeler qu’ils se contentaient autrefois d’une simple clémentine en guise de cadeau de Noël. Le goût de ce fruit hivernal a cependant changé depuis l’époque de leur enfance. C’est ce qu’a constaté une équipe de chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Depuis une quinzaine d’années, ils observent une diminution de l’acidité des clémentines. La cause : le réchauffement climatique.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur les mécanismes de la photosynthèse et de la respiration de ce fruit, né de l’union d’une fleur de mandarinier et d’oranger douce. La clémentine atteint sa maturité en automne, au moment où la quantité de lumière nécessaire à la photosynthèse baisse. Avec le réchauffement climatique, la température est de plus en plus élevée à cette période. L’équipe de scientifiques s’est aperçue que cela avait pour effet d’accélérer la respiration du fruit. Afin de compenser cette surconsommation d’énergie, la clémentine doit puiser dans ses réserves d’acide citrique... et perd son goût acidulé incomparable.

« Sans acidité, on perçoit beaucoup moins le développement des arômes en bouche. Le fruit apparaît “plat”, c’est de l’eau sucrée », commente Olivier Pailly, directeur de l’unité de recherche sur les agrumes à l’Inrae.

Les chercheurs explorent plusieurs pistes pour que la saveur unique des clémentines survive au réchauffement climatique. Ils essaient entre autres de dénicher des variétés plus acides et tardives de clémentiniers. « Si les changements climatiques s’accentuent, nous serons alors capables de proposer plus rapidement des variétés plus adaptées », poursuit Olivier Pailly.

La mise en place de pratiques agricoles plus écologiques (comme l’enherbement des vergers, la fertilisation organique ou encore la réduction des apports d’eau d’irrigation) pourrait également, selon eux, favoriser le maintien de la qualité du fruit. L’enjeu est de permettre à la filière de s’adapter au changement climatique. Sans leur acidité distinctive, les clémentines de Corse pourraient perdre leur indication géographique protégée (IGP).

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende