Les éléphants d’Afrique se donnent des petits noms pour communiquer
Les éléphants étudiés sont originaires du Kenya. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Diego Delso
Les éléphants étudiés sont originaires du Kenya. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Diego Delso
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Les éléphants d’Afrique se donnent des petits noms pour communiquer, selon les résultats d’une étude publiée le 10 juin dans la revue scientifique Nature Ecology and Evolution.
Les chercheurs ont utilisé des méthodes d’apprentissage automatique — une forme d’intelligence artificielle visant à apprendre aux machines à tirer des enseignements des données qu’on leur fournit — afin d’analyser les enregistrements de 469 appels émis par des groupes de femelles d’éléphants sauvages d’Afrique. Ces individus sont originaires du parc national d’Amboseli et des réserves nationales de Samburu et de Buffalo Springs, au Kenya. Leurs grondements ont été enregistrés entre 1986 et 2022.
Leur modèle a correctement identifié le destinataire de 27,5 % des appels analysés. Cette proportion est « significativement plus élevée » que celle obtenue avec des sons « contrôle » aléatoires. Les chercheurs ont par ailleurs fait écouter à dix-sept éléphants des appels qui leur étaient destinés. Les pachydermes y ont répondu « positivement », soit en émettant à leur tour un appel, soit en s’approchant du haut-parleur d’où émanait le son. Les appels destinés à d’autres éléphants ont suscité moins de réactions. Cela suggère, selon les scientifiques, que les éléphants pourraient s’adresser les uns aux autres en utilisant des appels spécifiques à chaque individu.
D’autres espèces non humaines — comme les dauphins et les perroquets — avaient déjà été observées en s’adressant les unes aux autres en utilisant des bruits spécifiques. Il s’agissait, dans le cas de ces deux espèces, d’imitations des sons émis par le destinataire de leurs appels, et non de « noms » à proprement parler. Jusqu’à présent, seuls les humains étaient connus pour s’adresser les uns aux autres en utilisant des prénoms. Dans un communiqué, l’un des auteurs de cette étude, le biologiste George Wittemyer, a déclaré que le recours à des « étiquettes vocales » arbitraires pourrait signifier que les éléphants sont capables de pensée abstraite.