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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Enquête — Elections 2017

Les militants écolos restent contents de l’accord entre Jadot et Hamon

Contents ? Reporterre a interrogé des sympathisants écologistes qui avaient voté pour le désistement de Yannick Jadot en faveur de Benoît Hamon. Ils se disent satisfaits de leur nouveau candidat. Malgré ses ambiguïtés sur le nucléaire et son recul sur le revenu universel.

Depuis le 23 février, le candidat d’Europe écologie-Les Verts s’appelle Benoît Hamon. Après avoir été, pour certains, échaudés du retrait de Yannick Jadot avant même la décision collective, les militants EELV ont massivement voté pour l’accord conclu entre les deux équipes. Depuis, nombre d’entre eux n’ont pas été déçus par Benoît Hamon.

« Quand je regarde son fil Twitter, il y a des phrases qui auraient pu être prononcées par des écolos, quand il parle par exemple de refonte complète de notre modèle de production et de redressement écologique de l’industrie », approuve Ella, militante dans les Hauts-de-Seine. Même satisfaction pour Mélanie, militante à Bordeaux, qui note que le candidat a été l’un des premiers à faire naître le sujet des perturbateurs endocriniens, qu’il souhaite interdire. « Avant, on n’en entendait même pas parler », ajoute-t-elle.

« Disons qu’il respecte le deal » 

« Si le PS n’a pas encore intégré le logiciel de l’écologie, Hamon porte nos valeurs et nos projets avec sincérité et passion », abonde Alessandro, qui a voté en faveur du oui depuis l’Italie. Colin, de Poitiers, est lui aussi satisfait. « La question écolo est enfin portée au cœur du débat. Il assume complètement de se positionner en mettant en avant la constitutionnalisation des biens communs comme l’air et l’eau. On sent qu’il y a un gros verdissement du programme avec une vraie réflexion dessus. Disons qu’il respecte le deal. » Colin est agréablement surpris de voir le vainqueur de la primaire de la Belle Alliance populaire en phase avec la ligne d’EELV. « Entendre un candidat socialiste dire qu’il est revenu du mythe de la croissance infinie, c’est un discours qui m’a séduit. »

Pas dupe pour autant, Colin reste vigilant. « Évidemment, il reste des désaccords, notamment concernant l’arme nucléaire. On voit aussi une très grosse reculade sur le revenu universel. » De son idée de base d’un revenu accordé à tous sans condition de ressources, Benoît Hamon a finalement évolué vers une sorte de « minimum d’existence » presque similaire à la proposition de son adversaire de la primaire Manuel Valls. Ella, elle, a froncé des sourcils lorsqu’elle a entendu Benoît Hamon sur France Inter le 27 février dernier (à 20’55), annoncer à propos de l’EPR de Flamanville : « On a investi 10 milliards, il faudra quand même qu’il fonctionne. » Sachant que le candidat est supposé proposer une sortie intégrale et progressive du nucléaire.

Lucides quant aux chances de victoire 

Les personnes que nous avons interrogées se disent également satisfaites de voir Benoît Hamon assumer l’accord. Car en 2012, EELV avait signé un contrat ayant pour valeur d’« accord programmatique » en cas de victoire de la gauche : de nombreux points n’ont pas été respectés durant le quinquennat. Alors, au moment de signer un nouvel accord début 2017, beaucoup craignaient de nouvelles fourberies de la part du candidat PS. Près d’un mois après, le bilan est plutôt positif. « On ne retrouve pas la trahison tant prédite par les opposants de l’accord, note Colin. Il tient bon sur sa ligne et assume l’accord face à une grande partie du PS, qui a du mal à l’avaler. D’ailleurs, l’appareil ne le soutient pas, voire torpille sa campagne. Donc, je me dis, autant renforcer Hamon. »

Reste que certains, parmi ceux qui nous ont apportés leur témoignage, restent lucides quant aux chances de victoire. « Cette perspective est très faible — ce qui veut dire qu’il n’y aura pas de trahison possible, il n’en aura même pas l’occasion », commente, amer, Antoine, un militant parisien. Mélanie, elle, voit « de plus en plus de gens résignés, mais c’est dommage parce qu’il y a de grandes chances qu’on se tape une grande gueule de bois en avril et en mai ».

Au moins, cette alliance réussie sur le papier peut jouer dans une éventuelle recomposition des forces de gauche. « L’accord peut permettre que des membres du PS s’en aillent eux-même — le fait que les écolos soient là permet de changer le rapport de force », espère la jeune femme.

Reste cependant la déception de n’avoir pas réussi à privilégier la solution à trois, avec Jean-Luc Mélenchon, pour laquelle les écologistes avaient opté. « On aura essayé », estime Mélanie.

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