Les puffs faisaient un tabac chez les collégiens, elles sont désormais interdites
La vente, la distribution et la promotion des puffs sont désormais interdites. - Unsplash/CC/Grav
La vente, la distribution et la promotion des puffs sont désormais interdites. - Unsplash/CC/Grav
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La France a décidé d’interdire les cigarettes électroniques jetables, aussi appelées puffs. Une mesure notamment justifiée pour protéger la santé des jeunes et réduire la pollution plastique.
Nous ne les verrons plus à la sortie des collèges et les lycées. Depuis le 25 février, les puffs, ces cigarettes électroniques jetables aux arômes sucrés et au design attrayant, sont officiellement interdites en France. La loi du 24 février, adoptée à l’unanimité par le Parlement, marque une victoire pour la santé publique et l’environnement, tout en réaffirmant la volonté des pouvoirs publics de bâtir une « première génération sans tabac ».
Portée par 166 députés issus de huit groupes parlementaires, la loi interdit la vente, la distribution et la promotion des puffs, ainsi que leur détention en vue de la commercialisation. Un choix salué par les associations de lutte contre le tabac et les défenseurs de l’environnement, qui dénonçaient depuis plusieurs années leurs effets néfastes.
« C’est une grande victoire dans un double combat que nous menions : le combat écologique contre les batteries polluantes en lithium de ces puffs, et le combat sanitaire pour nos collégiens ciblés par cette consommation qui devient de plus en plus dangereuse », se félicitait auprès de l’AFP la députée à l’initiative du texte, Francesca Pasquini (Génération.s), après son adoption.
Un marketing agressif à destination des jeunes
Malgré leur interdiction de vente aux mineurs, les puffs avaient massivement conquis les jeunes consommateurs. Selon une enquête de 2023 menée par BVA pour l’Alliance contre le tabac, 15 % des adolescents de 13 à 16 ans en avaient déjà consommé, et près de la moitié d’entre eux avaient commencé leur initiation à la nicotine par ce biais. Leur marketing, inspiré de l’univers des confiseries, et leur accessibilité tarifaire en faisaient une porte d’entrée idéale vers l’addiction.
Au-delà du risque de dépendance, ces dispositifs en plastique, contenant des batteries au lithium et des sels de nicotine, étaient rarement recyclés et finissaient souvent dans la nature. Chaque année, des millions d’unités se retrouvaient abandonnées sur la voie publique, aggravant la pollution plastique et chimique. « L’interdiction des puffs en France est une avancée significative pour réduire une source de pollution évitable. Cette victoire démontre qu’il est possible d’agir concrètement pour limiter l’impact des déchets dangereux sur nos écosystèmes », déclare Lisa Pastor, de la Surfrider Foundation, une association de protection des cours d’eau, des océans et du littoral.
Dans un communiqué, la Fivape, qui représente la filière française de la vape — indépendante de l’industrie du tabac — a regretté la perte de ce « moyen facile pour les fumeurs de découvrir la vape » et ainsi de « réduire ou de stopper sa consommation de tabac, avec un bénéfice immédiat pour la santé publique ». Mais elle a aussi concédé que les puffs généraient en effet « un impact environnemental négatif considérable », étaient portées par « un marketing agressif » qui les détournaient de l’objectif initial de l’arrêt du tabac, et allaient de toute façon être interdites par la réglementation européenne sur les batteries en 2027.
Un vaste plan de lutte contre le tabagisme
Désormais, toute violation de cette interdiction est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 euros, voire 200 000 euros en cas de récidive. Les services de la répression des fraudes seront chargés de veiller à l’application stricte de la loi, en collaboration avec les autorités sanitaires et environnementales. Avec cette décision, la France devient le deuxième pays de l’Union européenne, après la Belgique, à interdire ces dispositifs. D’autres États d’Europe, comme le Royaume-Uni, préparent des mesures similaires.
L’interdiction des puffs s’inscrit dans un programme plus vaste de lutte contre le tabagisme prévu pour la période 2023-2027. Ce plan comprend notamment l’extension des espaces sans tabac, une nouvelle hausse du prix du paquet de cigarettes et un renforcement des contrôles sur l’interdiction de vente aux mineurs.
Reste à voir, si cette loi sera suffisante pour enrayer la consommation de nicotine chez les jeunes et empêcher l’essor d’autres alternatives à la cigarette tout aussi nocives. Car déjà, certains experts alertent déjà sur les risques de contournement de la loi par les industriels. La Fivape souligne ainsi que l’interdiction des puffs ne garantit pas leur disparition, « notamment en raison du marché noir, mais aussi des solutions de contournement que sont les cartouches scellées. Ce sont des modèles [...] promus par l’industrie du tabac et dont l’impact environnemental est à peine moindre que celui des puffs ».
De plus, poursuit-elle, « cette interdiction fait passer une alternative à risque réduit — 95 % moins nocive que la cigarette de tabac — comme potentiellement plus dangereuse que le tabac lui-même ». De nouveaux produits, comme les billes aromatiques pour cigarettes ou les sachets de nicotine (« pouches »), gagnent également en popularité. En décembre dernier, une étude menée par le Comité national contre le tabagisme et 60 Millions de consommateurs révélait la présence de plomb et d’arsenic dans ces sachets. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail appelle à une vigilance accrue sur ces nouvelles tendances.