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En brefClimat

Les vagues de chaleur actuelles sont bien causées par le changement climatique

Le changement climatique est le responsable principal des vagues de chaleur qui sévissent en ce mois de juillet, selon les scientifiques du World Weather Attribution.

Les vagues de chaleur extrêmes qui frappent, ce mois de juillet, le sud de l’Europe, une partie des États-Unis, du Mexique et de la Chine auraient toutes été « virtuellement impossible » sans l’action du changement climatique. C’est la conclusion des scientifiques du World Weather Attribution (WWA), un groupe de chercheurs regroupant plusieurs institutions de référence à travers le monde.

Le WWA a publié ce 25 juillet son analyse rapide d’attribution. « Rapide » car leurs résultats ont été publié sans relecture préalable par les pairs, comme c’est normalement d’usage pour les études scientifiques. Mais un tel process prendrait des mois, voire des années, et les chercheurs font valoir l’importance pour le débat public d’établir la causalité entre changement climatique et évènements extrêmes quelques jours après leur survenue.

Ils utilisent toutefois des méthodes d’attribution qui, elles, ont été validées par la communauté scientifique. Il s’agit de modèles qui simulent l’intensité et la probabilité des évènements climatiques dans un monde avec 1,2 °C de réchauffement global (le niveau de réchauffement moyen actuel) et dans un autre qui n’aurait connu aucun réchauffement.

Vers de tels extrêmes tous les 2 à 5 ans

Résultats : les vagues de chaleur actuelles, qui n’auraient théoriquement pas pu advenir sans la combustion d’énergies fossiles, la déforestation et l’influence d’autres activités humaines sur le climat, ont aujourd’hui une probabilité de survenir une fois tous les 15 ans concernant le phénomène Nord américain, une fois tous les 10 ans pour ce qui se passe dans le Sud de l’Europe et une fois tous les 11 ans en Chine.

Dans un monde atteignant 2 °C de réchauffement, ce qui devrait survenir d’ici 30 ans en l’état actuel des politiques, rappellent les chercheurs, ces évènements deviendraient même récurrents tous les 2 à 5 ans.

Autre précision du WWA : des phénomènes climatiques naturels, comme El Nino, contribuent à accentuer l’intensité de ces vagues de chaleur mais la cause principale de ces dernières et de leurs conséquences, comme la multiplication des mégafeux, est bien d’origine humaine.

« Nous devons en urgence arrêter de brûler des combustibles fossiles »

« Le monde n’a pas arrêté de brûler des énergies fossiles, le climat continue donc de se réchauffer et les vagues de chaleur continuent de devenir de plus en plus extrêmes. C’est aussi simple que cela », résume Friederike Otto, maître de conférence en science climatique à l’Institut Grantham pour le changement climatique et l’environnement, de l’Imperial College de Londres, qui participe au WWA.

« Nous avons toujours le temps d’assurer un avenir sûr et sain mais nous devons en urgence arrêter de brûler des combustibles fossiles […]. Sinon, des dizaines de milliers de personnes continueront de mourir des conséquences de la chaleur chaque année », prévient le scientifique.

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