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En bref — Transports

Lobby aérien et écologistes critiquent ensemble les « carburants durables »

Un avion, illustration.

Une fois n’est pas coutume, associations écolos et compagnies aériennes se sont mises d’accord pour demander un renforcement de la définition des carburants durables.

Jeudi 7 juillet, le Parlement européen s’est en effet prononcé en faveur du futur règlement Refuel aviation. Celui-ci vise à « stimuler l’offre et la demande de carburants durables pour l’aviation dans l’Union européenne, afin de réduire l’empreinte environnementale de l’aviation ». Les « carburants durables » – agrocarburants et carburants de synthèse – sont en effet bien moins émetteurs que le kérosène, mais potentiellement facteurs de déforestation (car il faut défricher de nouvelles terres pour les cultiver). La ligne de crête écologique est donc mince.

Problème, selon les ONG et les compagnies aériennes, le projet Refuel aviation ouvre trop grand la porte à certains carburants écocides. Parmi eux, certains dérivés d’huile de palme, certaines graisses animales ou des carburants produits à partir de cultures intermédiaires (récoltés entre deux cultures principales).

« Cette nouvelle définition élargie des carburants durables risque de verrouiller des pratiques non durables, ont écrit Easy Jet et l’ONG Transport & Environment dans un courrier commun. Cette modification affaiblit considérablement la durabilité de ReFuel Aviation ». Il s’agit donc de rester cohérent : il en va de « la crédibilité de l’industrie de l’aviation », selon les deux organisations. Le secteur aérien mise en effet sur ces carburants pour redorer durablement son blason.

Le risque : « exacerber la déforestation »

Ainsi, même son de cloche inquiet du côté de l’association 4E (Airlines for Europe), qui représente entre autres les groupes Air France-KLM, British Airways, Ryanair : cette nouvelle définition pourrait notamment « exacerber la déforestation », peut-on lire dans le communiqué du lobby aérien.

Le Parlement doit désormais négocier avec les États membres. La Commission européenne avait pour sa part proposé, en 2021, une liste de carburants durables plus restrictive, considérée comme plus écologique.

Les « carburants durables » sont au moins trois à six fois plus chers que le kérosène traditionnel. Et ne représentent aujourd’hui que 0,05 % de la consommation totale des réacteurs aéronautiques. Les eurodéputés espèrent passer à la vitesse supérieure : la part minimum de carburants renouvelables devant être mis à disposition dans les aéroports européens pourrait monter à 2 % dès 2025, avant d’atteindre 37 % en 2040 et 85 % en 2050.

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