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Transports

Loi Climat : le retour de l’écotaxe poids lourds

Dimanche 14 mars, les députés de la commission spéciale chargée d’examiner la loi Climat et résilience ont adopté l’article 32, qui permet aux régions qui le souhaitent de mettre en place une « contribution » des poids lourds.

Abandonnée en 2014 sous la pression du mouvement des Bonnets rouges, l’écotaxe est une mesure qui avait vu le jour lors du Grenelle de l’environnement en 2007, pour inciter les entreprises à se tourner vers des solutions de transport de marchandises moins émettrices de gaz à effet de serre que le camion.

C’est sensiblement pour les mêmes raisons que l’article 32 a été adopté. Cette nouvelle version de l’écotaxe laisse cependant le choix aux régions. Elles sont libres de légiférer ou non par ordonnance pour choisir les routes soumises à ce dispositif et le niveau de taxation.

Le ministre délégué chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a déclaré en commission que cette nouvelle version de l’écotaxe était « une demande de la part de certaines régions aujourd’hui, dans une logique de différenciation ».

Cet article 32 était particulièrement attendu par la région Grand Est et la collectivité européenne d’Alsace. Cette disposition était même déjà présente dans la loi du 2 août 2019 qui confère certaines prérogatives à la nouvelle collectivité d’Alsace. Si cette taxation est mise en place, les élus locaux lorrains s’inquiètent néanmoins d’un report du trafic vers leurs axes routiers régionaux.

Selon le collectif GCO Non merci, qui milite contre la construction du grand contournement ouest autour de Strasbourg, « 16.500 poids lourds [traversent chaque jour en semaine l’agglomération strasbourgeoise par l’A35, ndlr] dont environ 2.000 qui se reportent en Alsace pour échapper à la Maut, la taxe poids lourds en Allemagne, mise en place en 2005 ». Le collectif salue cette décision mais alerte tout de même sur le fait que « l’écotaxe seule ne suffit pas à interagir sur ce trafic » puisque « l’autoroute de Vinci [le grand contournement ouest] imposée par l’État va transformer notre région en couloir à camions ».

Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a tout de suite réagi sur Twitter : « Il n’y en aura pas en Bretagne. S’il y a une écotaxe pour entrer sur Rungis, nous Bretons qui nourrissons les Parisiens serons taxés pour faire notre métier. Cela sans distinction de ceux qui sont vertueux ou non. La fiscalité pour piloter la transition doit être mieux pensée. »

Cet article devra encore être débattu par les députés en séance plénière à partir du 29 mars.

  • Source : Reporterre

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