Méga-usine de recyclage de plastique : un recours déposé en Normandie
Les ONG dénoncent les 100 millions d'euros d'aides publiques pour ce projet qui encourage, selon elles, à ne pas réduire notre consommation de plastique. - Pexels / CC / Magda Ehlers
Les ONG dénoncent les 100 millions d'euros d'aides publiques pour ce projet qui encourage, selon elles, à ne pas réduire notre consommation de plastique. - Pexels / CC / Magda Ehlers
Elles ne veulent pas d’une usine de recyclage chimique de plastique à Saint-Jean-de-Folleville (Seine-Maritime). Le 29 avril, les ONG Zero Waste France, Le Havre Zéro Déchet et Zero Waste Rouen ont annoncé avoir déposé un recours auprès du tribunal administratif de Rouen : elles réclament l’annulation de l’arrêté préfectoral du 30 octobre 2024, qui autorise le projet porté par la société étasunienne Eastman.
Celle-ci promet de produire 200 000 tonnes de polyéthylène téréphtalate (PET) recyclé à partir de 286 000 tonnes de déchets plastiques peu ou non recyclables. Mais les ONG font part de leurs doutes : « Il n’y a aucune certitude que cette usine contribuera effectivement aux objectifs de recyclage de la France, alors même qu’elle bénéficiera de près de 100 millions d’euros d’aides publiques, pour un projet qui se chiffre désormais à 2 milliards d’euros », écrivent-elles.
Des déchets importés
L’arrêté préfectoral autorise le traitement de plastiques variés, sans fixer de seuil en fonction de la nature des déchets. « Autrement dit, pour essayer de rentabiliser son usine, Eastman sera autorisée à traiter des déchets qui pourraient facilement être limités par les industriels en amont », dénonce Bénédicte Kjær Kahlat, responsable des affaires juridiques de Zero Waste France.
Par ailleurs, l’arrêté autorise l’entreprise à importer des déchets en provenance d’autres États européens. « Eastman assure avoir déjà conclu plusieurs contrats avec des entreprises italiennes, espagnoles, allemandes, et d’autres pays d’Europe de l’Est », révèle Bénédicte Kjaer Kahlat. Pour elle, « l’argent des contribuables français serait bien mieux employé pour soutenir le retour des emballages en verre consignés, ou encore la vente en vrac ».