Municipales : l’extrême droite renforce son ancrage au premier tour
À Toulon, la candidate RN Laure Lavalette (42,05 %) est arrivée largement en tête de ce premier tour. Ici en présence de Marine Le Pen, le 28 février 2026. - © Thibaud Moritz / AFP
À Toulon, la candidate RN Laure Lavalette (42,05 %) est arrivée largement en tête de ce premier tour. Ici en présence de Marine Le Pen, le 28 février 2026. - © Thibaud Moritz / AFP
Durée de lecture : 3 minutes
Municipales — Au premier tour des élections, le Rassemblement national, qui possédait déjà plusieurs villes, a renforcé son ancrage, particulièrement dans le Sud-Est.
À la tête de dix-sept communes depuis 2020, quasiment tous les maires du Rassemblement national sont réélus dès le premier tour, ou en passe de l’être au second tour qui se tiendra le 22 mars. À commencer par Louis Aliot, vice-président du parti, réélu à Perpignan, seule ville de plus de 100 000 habitants menée par un maire du parti d’extrême droite, avec 50,61 %.
Dans les plus petites communes que sont Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Moissac (Tarn-et-Garonne), Beaucaire (Gard) ou encore Le Pontet (Vaucluse), les édiles du RN sont réélus au premier tour, la plupart n’ayant affronté qu’un seul autre candidat.
À Villers-Cotterêts, rien n’est encore joué pour Gaëlle Lefèvre, la successeure du maire sortant Franck Briffaut : elle obtient 40,09 % des voix contre 31,15 % et 28,76 % pour ses deux adversaires divers centre.
À Marseille, qui avait basculé à gauche en 2020 après vingt-cinq ans de gouvernance de la droite, le maire sortant Benoît Payan (union des gauches et des écologistes hors LFI) est au coude-à-coude (36,70 %) avec le candidat d’extrême droite du Rassemblement national Franck Allisio (35,02 %). L’insoumis Sébastien Delogu, qui a obtenu 11,94 % des voix, a déclaré dans un communiqué « tendre la main » à Benoît Payan, pour constituer au second tour « un front antifasciste » pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille. Devant son refus, Sébastien Delogu a dénoncé une « position irresponsable qui pourrait donner les clefs de Marseille au Rassemblement national ».
Éric Ciotti (Union des droites pour la République, avec le soutien du Rassemblement national) arrive en tête à Nice avec 43,43 % des voix. Le maire sortant, Christian Estrosi (Union de la droite), qui brigue un quatrième mandat, arrive en seconde position avec 30,92 %.
Mis à part Marseille et Nice, deux autres villes étaient dans le viseur du parti de Marine Le Pen : Toulon et Nîmes. À Toulon, la candidate Laure Lavalette (42,05 %) arrive largement en tête de ce premier tour face à la maire sortante Josée Massi (divers droite, 29,54 %). Même constat à Nîmes, où le parti conduit par Julien Sanchez termine en tête (30,39 %), mais talonné de très près par le candidat d’union de la gauche, Vincent Bouget (30,05 %).
Nouvelles conquêtes pour le RN : la commune de Nomexy, dans les Vosges, est emportée dès le premier tour, à cinq voix près. Tout comme Cagnes-sur-Mer, emportée par le député Bryan Masson.
Autres victoires possibles : à Carcassonne, le candidat RN climatosceptique Christophe Barthès arrive légèrement en tête (34,52 %) face à la liste divers droite de François Mourad (25,36 %) et celle d’union de la gauche conduite par le premier secrétaire fédéral du PS, Alix Soler-Alcaraz (23,27 %).
Privé du soutien du RN en raison de ses poursuites judiciaires et de la publication d’une photo le montrant avec des militants du GUD, un groupuscule dissous de l’extrême droite radicale, David Rachline a toutefois été réélu dès le premier tour à Fréjus.
Dernière bataille électorale avant l’élection présidentielle de 2027, nul doute que ce scrutin municipal est particulièrement attendu pour livrer une tendance nationale. À gauche, il s’agit pour les différents partis de compter les points et comprendre quelle stratégie sera la plus efficace pour l’emporter au second tour. Celle de l’union parfaite, prônée notamment par Les Écologistes ? Ou bien celle des insoumis, cherchant à concurrencer la gauche traditionnelle et qui ont, pour la première fois, réussi à peser sur les municipales ?
Retrouvez tous nos articles sur les municipales ici.