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Notre-Dame-des-Landes en cinq questions : Quoi, Où, Quand, Qui, Combien ?

13 janvier 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)



Vous vous intéressez aux problèmes d’environnement de notre temps, mais vous rentrez de Papouasie et de Mars ? Voici un rappel des principaux éléments du dossier de Notre-Dame-des-Landes.

Quoi ?

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Lors de l’« opération César », le 24 novembre 2012, en forêt de Rohanne.

L’aéroport du Grand-Ouest est un projet d’infrastructure supposé remplacer l’aéroport actuel de Nantes. Ce projet est discuté alors que le réseau existant – environ 150 aéroports régionaux en France – est largement sous-utilisé : 55 % du trafic aérien passager et 89 % du trafic de fret seraient concentrés dans les aéroports de Paris tandis que la moitié du trafic régional concernerait les quatre aéroports de Nice, Lyon, Marseille et Toulouse (lire ici).

Quand ?

Vieux de plus de 50 ans, ce projet est né dans les années 1960, avec l’idée de faire contrepoids à « l’hypercentralisation parisienne ». La Zone d’aménagement différé (ZAD) a été finalement créée par arrêté préfectoral en 1974. Mais les premières oppositions d’agriculteurs et d’environnementalistes, alors que le choc pétrolier intervenait, ont placé le projet au placard. Jusqu’à ce que le gouvernement Jospin (PS) ne le relance en 2000. La Déclaration d’utilité publique (DUP) a été finalement signée en 2008 par le gouvernement Fillon (UMP). Depuis, ce projet est devenu le « creuset d’un nouveau cycle de luttes » (lire ici). À partir de 2011-2012, les paysans et opposants « historiques » ont été renforcés par de nouveaux occupants venus vivre sur la Zad. Au mois d’octobre 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (PS), ci-devant maire de Nantes, a lancé l’opération César, une des plus grandes opérations policières jamais menée en France (lire ici).

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Lors de l’« opération César », le 24 novembre 2012, en forêt de Rohanne.

Devant la résistance acharnée des occupants et des opposants, soutenus par un puissant mouvement de solidarité à travers le pays, les policiers et gendarmes ont échoué à évacuer les lieux. Depuis, le combat se poursuit sur les plans juridiques et médiatiques. En 2015, le premier ministre, Manuel Valls, a annoncé que les travaux devraient reprendre. Le 13 janvier 2016, le tribunal de Nantes examine la demande d’expulsion des paysans et habitants « légaux » installés sur les lieux, parfois depuis cinq générations.

 ?

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L’implantation du projet d’aéroport sur la commune de Notre-Dame-des-Landes.

À Notre-Dame-des-Landes et ses communes voisines du département de Loire-Atlantique (44), à 20 kilomètres au nord de Nantes et à 40 km à l’est de Saint-Nazaire. Le site retenu est dans l’un des derniers bocages intouchés de la région et prévoit une emprise au sol de 1.650 hectares – pour la plupart des terres agricoles, dont 400 ha aujourd’hui encore travaillées par quelques paysans sous la menace de l’expropriation et 800 autres ha potentiellement exploitables (lire ici). Au total, près de 50 exploitations et 600 emplois agricoles seraient affectés par le projet, selon les estimations. La construction de l’aéroport occasionnerait également la destruction de deux zones naturelles classées d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff). En avril 2013, le comité permanent du Conseil national de la protection de la nature – organe consultatif du ministère de l’Écologie – avait recommandé deux années supplémentaires d’études complémentaires (lire ici). Qui n’ont pas été menées.

Qui ?

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Lors de la chaîne humaine en mai 2013

La société AGO (Aéroports du Grand-Ouest), filiale de la multinationale Vinci, est le concessionnaire du projet. Elle est officiellement en charge de « financer, concevoir, construire, exploiter et maintenir le futur aéroport ». La structure pilote ce projet par ailleurs subventionné par l’État à hauteur de 23 %, tandis que les collectivités locales – conseil régional, conseil général et communautés d’agglomération – complètent le financement de cette délégation de service public qui ne prend pas la forme d’un partenariat public privé, mais d’une concession.

Face aux promoteurs, une opposition locale vivace s’est constituée au fil des années, réunissant les différentes organisations que sont l’Acipa (l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), la CéDPa (Collectif des élus), le Copain 44 (le Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport), le Collectif des naturalistes en lutte, et les occupants du site, désormais connus sous le nom de « zadistes ».

Combien ?

Le coût du projet est officiellement de 556 millions d’euros. Ce montant semble largement sous-estimé – comme souvent sur ce genre de projets d’infrastructures qui connaissent une moyenne de dépassement d’environ 40 % – d’autant qu’il n’intègre pas les infrastructures de transport routier et ferroviaire qui lui seraient dédiées. Le total pourrait à la fin avoisiner plutôt 3 à 4 milliards, selon des estimations cités par Le Canard enchaîné, en 2008. Mais un autre chiffre concentre le débat sur le volet économique du dossier, celui des avantages supposés dégagés par le projet : 911 millions d’euros officiellement, mis en cause par une contre-expertise du cabinet d’ingénierie CE Delft. En novembre 2012, le sénateur EELV Ronan Dantec évoquait une « manipulation » dans l’évaluation officielle (lire ici). Depuis, les explications confuses apportées par l’administration n’ont pas permis de lever le « mystère des 911 millions » (lire ici). Les documents permettant d’établir la vérité sont toujours gardés par le gouvernement (lire ici).


- Tout tout tout sur Notre-Dame-des-Landes dans le dossier de Reporterre




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Lire aussi : Notre Dame des Landes : Si vous avez loupé les derniers épisodes...

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photos :
. Chapô : Fresque humaine contre le projet d’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, le 25 juin 2006. Wikipedia (Moulins/CC BY-SA 3.0)
. Carte : Wikipedia (Tybo2/CC BY-SA 3.0)
. Opération César : capture d’une vidéo de Jean-François Castell. Youtube
. Chaîne humaine : © Hervé Kempf/Reporterre
. Dessin : © Red ! /Reporterre

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