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En brefÉnergie

Notre consommation de ressources a triplé en 50 ans

L'énergie (ici une plateforme pétrolière offshore) est l'un des secteurs qui extraient le plus de ressources.

Énergies fossiles, biomasse, métaux et autres matériaux : en cinquante ans, la consommation mondiale de ressources naturelles a triplé. C’est ce qui ressort du Global Resources Outlook 2024, un rapport publié le 1er mars par un groupe international d’experts des Nations unies. Et cette consommation continue de croître, en moyenne de 2,3 % par an.

À ce rythme, et en l’absence « d’action urgente et concertée », l’extraction de ressources pourrait passer de 100 à 160 milliards de tonnes par an, soit une hausse de 60 % entre 2020 et 2060, alertent les experts. Dans le détail, quatre secteurs comptent pour 90 % de la demande en matériaux : la construction de bâtiments, l’agriculture et l’alimentation, les transports, et l’énergie.

Or l’extraction et la transformation de ces ressources comptent à elles seules pour 55 % des émissions de gaz à effet de serre. Et la biomasse (ressources exploitées par l’agriculture et la foresterie) est responsable à elle seule de 90 % de l’utilisation des terres, liée à la perte de biodiversité et au stress hydrique, note le rapport. Continuer sur une telle lancée réduirait à néant nos chances d’atteindre nos objectifs climatiques et de préservation de la biodiversité, conclut-il.

Consommer moins, réduire les inégalités

L’urgence de réduire ces consommations est d’autant plus manifeste que celles-ci excèdent largement ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de développement humain, écrivent encore les auteurs. Dans les pays à hauts revenus, la consommation de ressources par personne est six fois plus élevée et génère dix fois plus de conséquences sur le climat par personne que dans les pays à bas revenus. Mais il est possible, en réorientant l’usage des ressources vers ceux qui en ont le plus besoin, de réduire nos consommations tout en améliorant le bien-être et en réduisant les inégalités.

Les modélisations « illustrent le potentiel de réduire et rééquilibrer la consommation globale de ressources par personne, avec une réduction absolue atteinte vers 2040, via une réduction dans les pays à hauts revenus et à revenus moyens supérieurs », tout en réduisant les inégalités et en permettant une croissance dans les pays à bas revenus, ce qui permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, concluent les auteurs.

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