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Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend

4 novembre 2013 / Baptiste L.



Le monde est fou. Mais « nous sommes très, très nombreux et nombreuses à avoir conscience du non sens de nos vies, de la nécessité de ’tout foutre en l’air’, de tout ’remettre à plat’, de revenir à des choses locales, simples, compréhensibles par toutes et tous »


De la part de votre envoyé spécial pour vos Renseignements Généreux

« Ici et Maintenant »

Ici, sur ce site de Reporterre, et Maintenant, chaque seconde qui passe.

Nous sommes toutes et tous confrontéEs à la « Crise »... fameuse crise multi formes, multi thématiques.

J’ai 29 ans, j’ai l’impression que depuis que je suis né, la « Crise » est là... Multiples formes de crises.

Dès mes seize ans, quinze ans et demi même, suite à un grave accident où j’ai failli perdre la vie, je décide de « consacrer ma vie à faire en sorte que cesse l’inacceptable, que tout le monde puisse avoir tout de suite à manger, de l’eau potable, accès aux soins, à la lecture et l’écriture, au bien être et à une vie digne... »

Tout ça, du haut de mes quinze ans et demi, conscient d’avoir un rôle à jouer, je me voyais sauver le monde.

Première surprise, ô combien révélatrice : à la question : « Que comptes-tu faire de ta vie ? », ma réponse claire et nette : « Faire en sorte que tout le monde vive en paix sur Terre », me valait des « Laisse tomber... », « Es-tu fou ? », « Impossible ! », « Jamais ça n’est arrivé, jamais ça n’arrivera... »

Quel monde est-il assez fou pour accueillir un enfant de la sorte ? Comment peut-on répondre à un enfant qui veut sauver le monde qu’il est fou ? La puissance des énergies contraires me laissait seul... très seul face au monde que je voyais de mieux en mieux, et qui ne me donnait pas envie, me faisait peur... et me rendait triste.

Triste de toutes ces destructions, triste pour toutes ces formes de vies dévastées, disparues à jamais, peur de grandir et de devoir affronter un monde désolé, rongé par les membres de ma propre espèce. Et toutes ces armes, toutes ces guerres partout... Pourquoi ? Comment ?

Comment nous, humains, capable du meilleur, d’une intelligence hors norme, conscient du miracle que constitue la vie sur cette planète, toutes petites créatures que nous sommes face à l’immensité de l’Univers... Comment est-il possible de tout détruire et de nous entretuer ?

Commence pour moi de longues années de recherche, d’enquêtes, de lectures multiples pour répondre à ces questions.

De découvertes en révélations, de rencontres en voyages, le constat s’est fait, clair, limpide : nous sommes très, très nombreux et nombreuses à avoir conscience du non sens de nos vies, de la nécessité de « tout foutre en l’air », de tout « remettre à plat », de revenir à des choses locales, simples, compréhensibles par toutes et tous et de vraiment prendre en main nos vies, nos politiques, nos décisions sur tout, et donc ne plus laisser les grandes et petites décisions qui nous concernent se prendre sans nous, ne plus laisser la politique n’être qu’un métier.

Que la politique ne soit plus un métier, mais la responsabilité effective de chacun

Alors de partout, les petites fourmis s’activent, les colibris s’organisent, de multiples gestes quotidiens et individuels se font à ses voisins, son quartier, sa ville… puis se forment les réseaux nationaux, internationaux, les alliances, les échanges pour s’inspirer des multiples formes de luttes existantes, pour créer chez soi, changer le monde à sa porte d’abord, et voir ensuite.

L’école où tout le monde est prof

Partout, des myriades de projets se forment et se déforment, on apprend, on se plante, on recommence, on visite les « autres lieux alternatifs » pour voir ce qui marche et ce qui marche moins bien, on aide sans demander d’argent, on s’engage, on retourne un peu à l’école, mais la buissonnière, celle où « tout le monde est prof », où on peut pas se faire virer ou coller par un proviseur...

Bref, Partout avec un grand P, un autre monde émerge, d’autres liens nous unissent, les forces de paix grandissent, fleurissent, pollinisent et... se multiplient !

Face aux murs, face aux désastres, des êtres humains toujours plus nombreux décrochent, désertent le « système », comprenant non seulement que « le monde d’aujourd’hui n’est pas durable », mais que chacunE de nous est entièrement responsable de celui-ci, de précipiter sa chute ou non, et surtout de construire ici et maintenant le monde de demain...

Personne ne sait quand ce monde qui marche à l’envers finira par s’écrouler. Par contre rien de nous empêche, si ce n’est nous-mêmes, de commencer à construire autrement maintenant !

Telle pourrait être une des nombreuses devises d’un nombre croissant de mouvements... ainsi que celle-ci, vue et revue notamment sur les banderoles de Notre Dame des Landes : « Nous ne défendons pas la Nature, Nous SOMMES la Nature qui se défend ! »

Un célèbre abbé disait : « Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire en un jour, que nous devons ne rien faire du tout ! »

Amen




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Source : Courriel à Reporterre.

Baptiste L. anime Générations futur et Devenez vous-même clown

Photos :
. colibri : Terre sacrée
. panneau Nature : Yurtao.

Lire aussi : Gilles Vigneault : J’ai mal à la Terre.

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