Pesticides : les associations demandent la démission de la ministre de l’Agriculture après des pressions sur un rapport
Parmi les pressions hiérarchiques rapportées : menaces de sanction, signalement aux ressources humaines, etc. - © Louisa T. / Reporterre
Parmi les pressions hiérarchiques rapportées : menaces de sanction, signalement aux ressources humaines, etc. - © Louisa T. / Reporterre
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Les pressions du cabinet de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour édulcorer un rapport du Haut-Commissariat au plan défavorable aux pesticides, font scandale. Plusieurs ONG dénoncent, dans une lettre ouverte adressée le 6 novembre au Premier ministre Sébastien Lecornu, ces agissements dévoilés le 30 octobre par Le Monde.
Le journal du soir a rapporté des pressions hiérarchiques sur les auteurs (menace de sanction, signalement aux ressources humaines), « demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations », écrit Le Monde. Pressions émanant notamment du cabinet d’Annie Genevard, ministre Les Républicains, proche du syndicat agricole productiviste FNSEA, selon des échanges de courriels consultés par le quotidien. Il s’agissait, par exemple, de discréditer une étude soulignant le lien entre la densité de vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant.
« Ces interventions sont extrêmement préoccupantes. Elles portent atteinte à la crédibilité des institutions publiques, au droit des citoyens à une information indépendante et à la sécurité sanitaire nationale. C’est un signal d’alerte politique », écrivent les cosignataires, parmi lesquels figurent Générations futures, Secrets toxiques et Alerte des médecins sur les pesticides.
Ils demandent le remplacement immédiat de la ministre. « Lorsqu’un ministère chargé de l’agriculture interfère dans l’évaluation des risques sanitaires des pesticides, il devient juge et partie, et met en péril la santé publique. »
Les pesticides sont liés à seize maladies graves et le nombre de cancers a presque doublé depuis 1990, avec une progression plus forte chez les femmes et les jeunes adultes, soulignent encore les signataires.