Pesticides : deux dérogations accordées pour la betterave et le riz
Les producteurs de betteraves pourront utiliser le pesticide Movento jusqu’à cinq fois par année contre deux aujourd’hui. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0 Deed/Jean-Pol Grandmont
Les producteurs de betteraves pourront utiliser le pesticide Movento jusqu’à cinq fois par année contre deux aujourd’hui. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0 Deed/Jean-Pol Grandmont
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Encore un recul environnemental. Le 5 avril, interrogée par France Bleu Nord, la ministre Agnès Pannier-Runacher a annoncé une dérogation aux betteraviers pour utiliser davantage un insecticide.
Les producteurs de betterave sucrière pourront utiliser le pesticide Movento jusqu’à cinq fois par année contre deux aujourd’hui. Une dérogation justifiée, selon la ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture, en raison du risque élevé de jaunisse des betteraves, une maladie transmise par le puceron vert du pêcher.
Jusqu’à l’année dernière, les betteraviers pouvaient compter sur les néonicotinoïdes pour tuer ces pucerons indésirables. Mais ces insecticides très nocifs pour les pollinisateurs et les écosystèmes sont désormais interdits.
Problème, le Movento, fabriqué par Bayer, a comme matière active le spirotetramate, « une substance officiellement classée par l’Union européenne comme étant suspectée toxique pour la reproduction », selon Générations futures. « Nous regrettons que le gouvernement cède systématiquement aux demandes du monde agricole en matière de pesticides au mépris du principe de précaution », a déclaré François Veillerette, porte-parole de l’ONG, dans un communiqué.
Pour la ministre, utiliser le Movento plutôt que les néonicotinoïdes est donc un moindre mal. « Les phytosanitaires sont interdits lorsqu’elles ont un impact avéré sur la santé publique », a-t-elle indiqué à la radio publique locale. La filière betteravière met en avant la difficulté de se passer de substances pesticides.
L’argument d’« urgence phytosanitaire » a également été utilisé par le ministère de l’Agriculture afin d’expliquer la réautorisation de l’Avanza, un herbicide très toxique non homologué au niveau européen dans les rizières camarguaises.
Délivrée du 14 mars au 11 juillet, cette autorisation est restreinte à des parcelles « déjà semées en riz en 2023 ou sujettes à des difficultés de désherbage », celles « situées en dehors d’un périmètre de protection de captage pour l’alimentation en eau potable ».
Pour Christelle Aillet, maire (LR) des Saintes-Maries-de-la-Mer, « la commune ne peut concevoir qu’une telle décision puisse mettre en danger les milieux naturels saintois, mais également la population saintoise à travers la distribution de l’eau potable ».