Pesticides : les distances de sécurité autour des zones traitées jugées insuffisantes
Les riverains des zones traitées par des pesticides sont exposés à des cocktails de nombreux pesticides. - Publicdomainpictures/CC0/Kevin Casper
Les riverains des zones traitées par des pesticides sont exposés à des cocktails de nombreux pesticides. - Publicdomainpictures/CC0/Kevin Casper
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Les distances de sécurité autour des zones traitées avec des pesticides sont largement insuffisantes, alerte l’association Générations futures dans un rapport publié le 16 janvier.
En 2019, sous la pression du Conseil d’État, le gouvernement avait adopté un arrêté instaurant des zones de non-traitement (ZNT) à respecter par les agriculteurs. Les distances varient en fonction du type de substance utilisée, du matériel et du type de culture. Globalement, leur largeur est comprise entre 5 et 10 mètres, très exceptionnellement 20 mètres pour les produits classés cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques avérés pour l’humain.
La campagne de mesures des pesticides dans l’air réalisée au printemps et à l’été 2023 par Générations futures montre que des quantités importantes de pesticides peuvent être retrouvées bien au-delà de ces distances. Pour parvenir à ces résultats, l’association a placé des capteurs dans des bourgs proches de zones agricoles, ainsi que dans des parcelles privées non traitées par des pesticides mais entourées de parcelles cultivées avec des produits de synthèse. Trois régions ont été étudiées : le département du Nord, la Gironde et le Rhône.
Les analyses de Générations futures montrent que les riverains des zones traitées par des pesticides sont exposés à des cocktails de nombreux pesticides, « jusqu’à trente-cinq substances différentes en sept semaines », précise l’association dans un communiqué. « Le glyphosate, classé cancérogène probable, est particulièrement présent dans le Nord. » Les capteurs ont également identifié des pesticides moins connus, mais potentiellement cancérogènes ou toxiques pour la reproduction (cymoxanil, pendiméthaline, aclonifen, spiroxamine).
Les niveaux ne diminuent pas forcément avec l’éloignement, note l’association. Dans le Nord, un capteur placé au centre d’une parcelle, à 37 mètres de distance de la parcelle agricole voisine, a ainsi piégé la plus grande quantité de pesticides (plus de 9 000 nanogrammes sur une période de sept semaines). Cette quantité est supérieure de 44 % à la quantité moyenne mesurée par les quatre autres capteurs situés en bordure de cette parcelle.
Selon l’association, les zones de non-traitement (ZNT) devraient s’étendre sur « au moins 150 mètres ».