Plus de 340 ONG appellent l’UE à interrompre les négociations commerciales avec le Brésil

Durée de lecture : 3 minutes

19 juin 2019



Mardi 18 juin, dans une lettre ouverte, plus de 340 organisations de la société civile — dont plus de 30 françaises — ont appelé l’Union européenne à mettre un terme aux négociations en cours pour un accord de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) en raison de la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil.

La lettre a été adressée aux présidents des institutions européennes. La semaine prochaine à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’UE et du Mercosur devraient s’efforcer de finaliser les négociations. Cet accord commercial avec le Mercosur vise à élargir l’accès aux marchés et le commerce entre les deux régions, y compris le Brésil.

« Depuis l’investiture du président brésilien Jair Bolsonaro en janvier 2019, nous avons été témoins d’un nombre croissant de violations des droits humains et d’attaques contre les minorités, les populations indigènes, les LGBTQ et autres communautés traditionnelles, ont écrit les ONG signataires. De plus, le gouvernement continue de menacer le fonctionnement démocratique fondamental de la société civile tout en lançant une attaque sérieuse contre certaines des régions les plus inestimables de la planète sur le plan écologique. »

Parmi les préoccupations mises en avant par les associations :

  • La démarcation des terres indigènes a été placée sous la juridiction du ministère de l’Agriculture, « ouvrant la voie à ce que de puissantes entreprises agroalimentaires de bétail et de soja accélèrent leur progression au cœur de l’Amazonie, la plus grande forêt tropicale mondiale, et au cœur du Cerrado, la savane la plus riche en biodiversité de la planète ».
  • Le nombre d’attaques contre les peuples indigènes, les autres communautés traditionnelles et leurs territoires s’est considérablement accru.
  • Le gouvernement a été habilité à « superviser, coordonner, surveiller et observer les activités et les actions des agences internationales et des organisations non gouvernementales sur le territoire national ».
  • Le ministère de l’Environnement et le ministère des Affaires étrangères sont désormais dirigés par des ministres qui nient le réchauffement climatique.
  • Le code forestier « a été sapé par de nouvelles mesures réduisant les réserves légales et introduisant un délai plus souple pour la régularisation des terres de ceux qui se les approprient ». En janvier 2019, la déforestation en Amazonie aurait augmenté de 54 pour cent par rapport à la même période en 2018.

L’UE est le deuxième partenaire commercial du Brésil, le deuxième importateur mondial de soja brésilien et l’un des principaux importateurs de viande bovine et d’autres produits agricoles en provenance du Brésil. Pour les organisations signataires, « l’UE a donc la responsabilité de s’attaquer aux injustices en matière de droits humains et de l’environnement qui se produisent au Brésil sous le gouvernement Bolsonaro. Elle doit user de son influence pour soutenir la société civile, les droits humains et l’environnement. »

Par le passé, l’UE a déjà suspendu ses préférences commerciales avec des pays impliqués dans des violations des droits humains, comme la Birmanie et les Philippines.

Outre l’arrêt immédiat des négociations sur l’accord de libre échange, les ONG ont demandé aux responsables européens de :

  • Garantir que les produits brésiliens vendus dans l’UE, ou les marchés financiers qui les soutiennent, ne génèrent plus de déforestation, d’accaparement des terres indigènes et de violations des droits humains.
  • Demander la confirmation, avec des preuves matérielles, que le gouvernement brésilien respectera ses engagements dans le cadre de l’Accord de Paris sur le changement climatique.
  • Renforcer le soutien à la société civile brésilienne et lles mécanismes de protection des défenseurs des droits humains.

- Source : Collectif Stop Tafta.





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