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En brefOcéans

Guerre au Moyen-Orient : le risque de collisions entre les baleines et les bateaux aurait «  considérablement augmenté  »

Baleine franche de l'Atlantique nord (illustration).

Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz pourraient avoir des conséquences inattendues sur le milieu marin. Le risque de collisions entre les baleines et les bateaux de transport de marchandises aurait «  considérablement augmenté  » au large des côtes sud-africaines, en raison du report du trafic maritime du canal de Suez vers le cap de Bonne-Espérance, d’après un rapport scientifique dirigé par la biologiste belge Els Vermeulen, présenté cette semaine devant la Commission baleinière internationale (IWC).

Au large de l’Afrique du Sud se trouve le courant de Benguela, une zone riche en plancton et en biodiversité, où affluent notamment les baleines. « Actuellement, il y a clairement plus de passages de bateaux », constate Els Vermeulen, responsable de l’unité de recherche sur les baleines à l’université de Pretoria, citée par RFI. Entre le 1ᵉʳ mars et le 24 avril 2026, 89 navires commerciaux ont, en moyenne, passé le cap de Bonne-Espérance chaque jour, soit deux fois plus qu’en 2023. Selon le rapport de la chercheuse, le trafic des bateaux naviguant à plus de 15 nœuds (27,7 km/h) — soit les plus accidentogènes – aurait quadruplé.

Les collisions menacent d’extinction plusieurs espèces

Le trafic maritime compte parmi les principales menaces pesant sur les baleines. Ces dernières peuvent être mortellement heurtées par les hélices des cargos, ou amputées. Très difficilement quantifiables — les cadavres des cétacés ayant tendance à couler vers les abysses —, les collisions sont reconnues comme menaçant d’extinction plusieurs espèces, notamment les baleines noires de l’Atlantique Nord, et les rorquals communs de Méditerranée.

Au large de l’Afrique du Sud, l’accroissement actuel du trafic menace notamment les baleines franches australes, et ce alors que « la reconstitution des populations a ralenti en raison du changement climatique », déplore Els Vermeulen. Ses travaux plaident pour la mise en place d’une route alternative, qui pourrait réduire le risque de collision de 20 % à 50 % selon les espèces, en rallongeant le trajet des bateaux de seulement 20 milles marins (32 kilomètres) — une paille, comparée aux milliers de milles marins réalisés par ces navires.

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