Pollutions : les cigarettiers ne paient pas assez
L'UE ne respecte pas suffisament la réglementation sur la responsabilité élargie du producteur.. - Publicdomainpictures/CC0/Petr Kratochvil
L'UE ne respecte pas suffisament la réglementation sur la responsabilité élargie du producteur.. - Publicdomainpictures/CC0/Petr Kratochvil
Durée de lecture : 2 minutes
« Pour la première fois sur presque tout un continent, l’industrie du tabac devra payer pour [une partie des] coûts de pollution qu’elle génère en mettant sur le marché des plastiques à usage unique [les filtres], au détriment de l’environnement », rappelle Surfrider Foundation Europe. L’ONG vient de publier un rapport (en anglais), au nom de l’alliance Rethink Plastic, sur la mise en œuvre de la directive européenne sur les plastiques à usage unique. Cette dernière impose aux cigarettiers, depuis le 5 janvier 2023, la mise en place d’un système de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les filtres de leurs produits.
Cette étude révèle des retards et des problèmes quant à la façon dont les pays de l’Union européenne (UE) appliquent cette réglementation. Plusieurs n’ont toujours pas mis ces dispositions en œuvre. C’est le cas de la République tchèque, Chypre, l’Estonie, l’Allemagne, la Pologne ou la Slovaquie.
« Dans la plupart des cas, les États membres ont transposé la directive en copiant et en collant la formulation du texte de l’UE sans autre spécification ou détail, en optant pour une mise en œuvre plutôt basique des exigences de la directive », déplore l’ONG. Selon elle, cela rend de facto un grand nombre des mesures introduites non opérationnelles. Seuls quelques pays sont allés plus loin en fixant des objectifs de réduction.
Surfrider Foundation Europe regrette également que tous les coûts causés par cette industrie, notamment sur le plan environnemental, n’aient pas été intégrés par les États. « Les coûts listés paraissent par ailleurs très faibles au regard des revenus considérables que génèrent les ventes de cigarettes. Ceci est encore plus frappant lorsque l’on examine les coûts de nettoyage des déchets du tabac », écrit l’association.