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COP30

Terminé l’avion ! Ils iront à la COP30 à la voile

Le voilier, bien plus écologique que les avions.

L’initiative Flotilla4Change organise une traversée transatlantique en voilier pour rejoindre la COP30 au Brésil. Un défi logistique qui vise à repenser la participation aux sommets mondiaux sur le climat.

Se rendre à une COP sans prendre l’avion : c’est le pari audacieux de Flotilla4Change. Ce collectif veut permettre à des militants, des délégués, des scientifiques et des représentants de peuples autochtones de traverser l’Atlantique en voilier.

L’objectif ? Rejoindre Belém, au Brésil, où se tiendra le sommet mondial sur le climat en novembre 2025. Le tout en évitant les émissions massives du transport aérien, et en favorisant une meilleure représentation des voix marginalisées dans les négociations climatiques.

« Créer un nouvel espace d’organisation politique autour du voyage lent »

« Au-delà de la réduction des émissions liées aux déplacements, il s’agit de créer un nouvel espace de réflexion et d’organisation politique autour du voyage lent, de l’activisme et de la justice climatique », souligne Karina Ponton, membre de la coordination du projet. « Cette traversée offre une occasion unique d’échanges inédits entre des acteurs de divers horizons, tout au long du voyage. »

L’idée est née lors de la COP26 à Glasgow, lorsque plusieurs collectifs et militants avaient choisi de rejoindre l’évènement à vélo. Inspirés par cette démarche, une coalition d’activistes, de vétérans des COP et de prestataires de voyages dits « durables » a imaginé une alternative encore plus ambitieuse : traverser l’Atlantique à bord de voiliers, avec l’espoir de jeter les bases de futures flottilles climatiques. Mais pour organiser une telle traversée, la logistique est complexe : il faut des bateaux, des équipages, une préparation technique minutieuse, et du temps.

Des places de 2 000 à 10 000 euros

« Contrairement aux éditions précédentes, la COP30 a été annoncée deux ans à l’avance, ce qui nous a permis de structurer le projet », précise Karina Ponton, également membre de Via Campesina, un mouvement altermondialiste partenaire du projet.

Depuis octobre 2023, plusieurs organisations, telles que Not One More, Ocean Nomads et Fair Ferry, ont rejoint l’initiative. Aujourd’hui, six bateaux sont déjà engagés. Le voyage débutera depuis plusieurs ports européens et africains, avant de converger vers le Cap-Vert, puis de s’élancer pour la traversée transatlantique jusqu’à Belém.

Chaque capitaine de bateau est responsable de son itinéraire, mais une coordination centralisée permettra de relier les équipages et les passagers. Le périple devrait durer entre trois et quatre semaines, avec des coûts variables selon le type de bateau.

Pour les voiliers appartenant à des particuliers, les passagers partageront les frais (environ 2 000 euros par personne). Le prix des places sur des navires commerciaux, comme ceux de la compagnie Twister sailing, pourraient atteindre jusqu’à 10 000 euros.

« Partir plusieurs semaines avant en bateau serait trop contraignant »

Pourtant, plusieurs ONG françaises et européennes, contactées par Reporterre, jugent difficile de s’engager dans cette aventure. « Pour nous, la période précédant la COP est cruciale : c’est là que se jouent les principales actions de plaidoyer et la mobilisation médiatique. Partir plusieurs semaines avant en bateau serait trop contraignant », dit un membre d’une ONG ayant participé à de nombreuses COP.

D’autres soulignent que la traversée nécessite une formation préalable et que peu de salariés peuvent se permettre une absence si longue. « Beaucoup d’entre nous ont des enfants en bas âge, et la COP dure déjà plus de deux semaines. Ajouter plusieurs semaines en mer rendrait cette organisation impossible pour nos équipes », ajoute un autre militant. Cependant, ces ONG saluent l’initiative et s’accordent sur la nécessité de trouver des alternatives au transport aérien.

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Les critiques envers les COP sont nombreuses : promesses non tenues, influence des lobbys, décalage entre les discours politiques et l’urgence climatique. Alors, pourquoi investir autant d’efforts pour y participer ? Et pourquoi risquer le mal de mer, comme le soulignent certains internautes sur Bluesky, pendant que les plus gros pollueurs continuent d’affluer en jet privé, et que des dizaines de milliers de participants prennent encore des vols commerciaux ?

« Nous savons que cela ne changera pas du jour au lendemain, car même des ONG et des scientifiques engagés n’ont souvent pas d’autre option, reconnaît Karina Ponton. Mais nous souhaitons montrer qu’un autre modèle est possible. »

Elle ajoute : « Il ne s’agit pas uniquement des négociations officielles. Les COP sont aussi un moment essentiel de rencontre, d’organisation et de pression pour la société civile. En parallèle, une COP alternative se tiendra, où des solutions concrètes seront discutées. »

« Garantir une représentation des peuples autochtones »

Un objectif crucial de ce projet est d’assurer la participation des communautés autochtones et des défenseurs de l’environnement, acteurs de première ligne dans les luttes climatiques. Flotilla4Change travaille également sur des bourses et des financements pour permettre aux communautés marginalisées, notamment issues du continent africain, de prendre part à l’événement.

« Notre objectif est de garantir une représentation des peuples autochtones, souvent exclus des COP en raison de contraintes financières ou administratives », dit Karina. À ce stade, cependant, le financement reste un obstacle majeur : Flotilla4Change fonctionne actuellement sans fonds fixes, reposant sur quelques dons individuels.

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Un autre défi demeure : rassembler suffisamment de bateaux et d’équipages. L’objectif est d’atteindre une quarantaine de voiliers, mais la réussite du projet dépendra de la mobilisation dans les mois à venir. « Nous avons une équipe solide, composée de marins expérimentés et de militants passionnés. Le véritable défi consiste à structurer tout cela, à obtenir des soutiens et à faire connaître notre initiative. »

Pour embarquer ou apporter de l’aide, les personnes intéressées peuvent se manifester sur le site internet de Flotilla4Change. Une plateforme sera lancée en février pour mettre en lien les bateaux et les participants.

« Greta Thunberg a traversé l’Atlantique en voilier pour un sommet de l’ONU pour le climat. Nous voulons être une nouvelle étincelle », conclut Karina Ponton.

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