Procès de l’intrusion à Flamanville : une « victoire » selon Greenpeace malgré des amendes
La cuve de l’EPR de Flamanville, en juin 2018. Sa mise en service prochaine avec 12 ans de retard et un couvercle défectueux a été autorisée au début du mois. - © Émilie Massemin/Reporterre
La cuve de l’EPR de Flamanville, en juin 2018. Sa mise en service prochaine avec 12 ans de retard et un couvercle défectueux a été autorisée au début du mois. - © Émilie Massemin/Reporterre
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80 000 euros. Voici le montant total que Greenpeace a été condamné à payer par le tribunal judiciaire de Cherbourg, mardi 14 mai, après l’intrusion de ses militants sur le chantier de l’EPR de Flamanville, en mars 2022.
Dans le détail, l’ONG va devoir verser 50 000 € de préjudice moral pour atteinte à la réputation de l’entreprise EDF, 10 000 € de frais de justice, ainsi que 20 000 € d’amende pour incitation à la commission d’un délit. Des montants bien en-deça du million d’euros réclamé par EDF.
Les sept militants qui se sont introduit sur le chantier écopent pour leur part d’amendes allant de 500 à 800 euros ainsi qu’à 1 329 euros au titre du préjudice matériel. Les huit autres militants qui ont bloqué l’accès au chantier en restant à l’extérieur ont été relaxés au nom de la liberté d’expression.
« Une reconnaissance de la légitimité de la désobéissance civile »
Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, qui avait personnellement participé à l’action, s’est félicité de cette dernière décision. « C’est une reconnaissance de la légitimité de la désobéissance civile et de notre droit à la liberté d’expression. Surtout, EDF n’a pas été suivie dans ses demandes extravagantes de dommages et intérêts. Aucune réparation ne lui a été accordée pour son soi-disant préjudice d’exploitation », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.
Pour rappel, les activistes s’étaient introduits sur le chantier de l’EPR de Flamanville pour dénoncer la relance du nucléaire en France sans débat démocratique.