Protection des dauphins : un mois sans pêche dans le golfe de Gascogne
-60% de dauphins sont morts en 2025 dans le golfe de Gascogne, grâce à cette mesure. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Sidoine.M
-60% de dauphins sont morts en 2025 dans le golfe de Gascogne, grâce à cette mesure. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Sidoine.M
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Une période de répit s’ouvre pour les cétacés. Pour la troisième année consécutive, le golfe de Gascogne est interdit pour un mois (du 22 janvier au 20 février) aux navires de plus de 8 mètres recourant à des engins (filet, chalut…) considérés comme à risque pour les dauphins et les marsouins. Environ 300 embarcations resteront à quai entre le Finistère et la côte basque. Ces pêcheurs seront indemnisés par le gouvernement à hauteur de 80 % de leur chiffre d’affaires.
Le « mois sans pêche » a été inauguré en 2024 sur décision du Conseil d’État, qui avait été saisi par plusieurs ONG environnementales l’année précédente. La mesure, décriée par les pêcheurs, a semble-t-il porté ses fruits. Avant 2024, 4 700 dauphins mouraient chaque année dans les filets des pêcheurs, d’après les estimations de l’Observatoire Pelagis. Ce nombre a été réduit de 60 %, avec 1 900 dauphins morts en 2025.
Une mesure reconduite ?
Des incertitudes demeurent quant à l’avenir de ce dispositif. « C’est violent pour les pêcheurs, et en même temps, la situation est préoccupante quand on voit le nombre de captures accidentelles », a déclaré dans Ouest-France Catherine Chabaud, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Mer et de la Pêche. « Au regard des impacts socio-économiques, l’objectif demeure de rouvrir à terme », a-t-elle ajouté, avant de préciser ne pas avoir assez d’éléments « pour décider de la suite ».
Afin de limiter la mort des dauphins sans affecter les pêcheurs, le ministère place notamment son espoir dans le développement des « pingers ». Ces dispositifs acoustiques sont censés repousser les dauphins, mais leur efficacité ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique.
Les ONG Sea Shepherd et Défense des milieux aquatiques ont quant à elles déposé en décembre un recours devant la justice administrative. Elles plaident pour des fermetures « ciblées » étendues à trois mois l’hiver et un mois l’été, qui prendraient en compte les périodes de présence des espèces sensibles et les techniques de pêche les plus à risque.