Protéger les spots de surf est vertueux pour le climat
Un tiers des écosystèmes au niveau des sites de surf dans le monde sont protégés. - Pxhere/CC0
Un tiers des écosystèmes au niveau des sites de surf dans le monde sont protégés. - Pxhere/CC0
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Près de 1 % du carbone émis par le secteur énergétique mondial en un an : c’est l’équivalent du carbone stocké dans l’environnement terrestre, dans un périmètre de 1 kilomètre autour des principaux sites de surf de la planète. Soit 88 millions de tonnes de carbone, enfouis autour de 3 602 sites de surf dans le monde.
C’est l’analyse publiée le 13 août par des chercheurs étasuniens dans la revue Conservation Science and Practice. Les scientifiques sont partis du constat que les spots de surf étaient souvent situés dans des environnements riches en biodiversité, comprenant par exemple des barrières de corail ou des mangroves. Des écosystèmes intenses qui, en conséquence, stockent énormément de carbone. Or ces lieux sont soumis à de forts risques de dégradation, liés au développement côtier et aux activités qui détruisent ces milieux, ainsi qu’au changement climatique lui-même, via notamment la montée des eaux.
Ainsi, sur les 88 millions de tonnes de carbone comptabilisées sur les sites de surf et décrites comme « irrécupérables » (c’est-à-dire qui mettraient plus de trente ans à être stockées à nouveau si elles s’échappaient dans l’atmosphère), 17 millions de tonnes ont été identifiées dans des zones clés de biodiversité. Mais seules 3 % de ces zones bénéficient de mesures de protection. Dans leur ensemble, seuls un tiers des écosystèmes au niveau des sites de surf dans le monde sont protégés.
« Cette étude démontre le rôle énorme que peut jouer la protection des sites de surf et de leur environnement côtier dans notre combat global pour renverser l’érosion de la biodiversité et le changement climatique », plaide Scott Atkinson, coauteur de l’étude, directeur principal pour la conservation dans le surf au sein de l’ONG Conservation International... et lui-même surfeur. De telles mesures de protection seraient aussi bénéfiques pour les communautés locales, soulignent les chercheurs, en préservant des sites culturellement et spirituellement importants, également vecteurs d’un potentiel développement touristique durable.