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Quand des collégiens découvrent un potager sur un toit de Paris

Durée de lecture : 3 minutes

30 mars 2017 / Victorine, Kevin, Rayan, Colin, Mamadou, Hassa, Mariam, Raphaël, Amine, Sofiane, Olivier, Jonathan

Une classe de 5e s’est rendue à Agro Paris Tech, une école d’ingénieurs agronomes à Paris, pour rencontrer et interviewer les jardiniers. Ce potager sert à faire des expériences sur l’agriculture urbaine, pour savoir comment produire des légumes en ville. Reportage en sons et en images.

  • Paris, reportage

Dans notre collège, le collège Pierre-Mendès-France, dans le 20e arrondissement de Paris, il y a une ferme, avec un potager, des plantes aromatiques, un poulailler. Tous les élèves connaissent Simon Ronceray, le jardinier, et savent ce qu’est l’agriculture urbaine : quand on cultive en ville, dans les parcs, les jardins, sur les murs, ou sur les toits. Nous, nous sommes une classe de 5e, et nous avons voulu en savoir plus. Nous nous sommes rendus dans le « berceau » de l’agriculture urbaine, sur le toit d’Agro Paris Tech, une école d’ingénieurs agronomes.

Ce mardi du mois de mars, les nuages cachent le soleil. Dans le 5e arrondissement de Paris, rue Claude-Bernard, nous entrons dans les bâtiments en brique rouge d’Agro Paris Tech. Tout en haut, au-dessus du 5e étage, se trouve un toit pas comme les autres : c’est un jardin.

Il y a de la terre et de l’herbe à nos pieds. À travers les filets contre les pigeons, nous voyons les toits de Paris. Des salades, des oignons, des plantes aromatiques (menthe, ciboulette) poussent dans des bacs en bois bien alignés. Il y a aussi des ruches, qu’il ne faut pas déranger. De l’air chaud, provenant des salles de classe, sort par des cheminées et réchauffe le potager. Au milieu du toit, nous trouvons une petite station météo, avec des capteurs pour le vent et la pluie.

Les salades et les oignons sont cultivés dans les bacs.

L’agriculture en ville est moins fatigante qu’à la campagne 

C’est Antoine Lemoine, un jardinier de l’association Culture en ville, et Simon Ronceray, le jardinier du collège Pierre-Mendès-France, qui nous accueillent et nous présentent le lieu.

Où est-on ?

Ce jardin sert à faire des expériences scientifiques, ce n’est pas un jardin public. Des chercheurs, des étudiants et des jardiniers viennent faire des tests sur les substrats, c’est-à-dire le sol, pour savoir lesquels sont les plus efficaces pour faire pousser des légumes.

Qu’est-ce que vous faites ?

Certains bacs sont d’ailleurs vides : ils ne contiennent pas de légumes. Ils servent de « témoins » pour les expériences.

Antoine et Simon nous décrivent tout ce qui est cultivé : salade, oignon, ail… Ici, la récolte n’est pas vendue, car il ne s’agit pas de nourrir les gens, mais de faire des recherches scientifiques. Ce sont les chercheurs et les étudiants qui récupèrent les légumes !

Qu’est-ce qui est cultivé ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Antoine et Simon nous expliquent que le jardin est peu pollué, parce que les métaux lourds (comme le plomb) restent dans le sol, en bas de l’immeuble. Pour le jardin, ils font venir de la terre, du bois, du compost qui ne sont pas pollués. C’est un des avantages de l’agriculture urbaine.

Simon Ronceray est le jardinier du collège Pierre-Mendès-France.
Est-ce que ça pollue ?

Pour Antoine et Simon, l’agriculture en ville est moins fatigante qu’à la campagne : on a moins besoin de se baisser, parce que les plantes sont cultivées en hauteur, dans les bacs. Par contre, un agriculteur urbain doit prendre beaucoup les transports en commun, parfois avec tous ses outils et des sacs remplis de terre.

Est-ce difficile ?

D’après Antoine et Simon, on ne pourrait pas nourrir tout Paris avec l’agriculture urbaine, car il y a beaucoup de gens et pas assez d’espace. Mais elle reste quand même intéressante : elle permet de fournir des légumes frais, et de sensibiliser les gens aux saisons, à la production de plantes.

Antoine Lemoine, de l’association Culture en ville, nous a fait la visite.
Est-ce qu’on pourrait tous se nourrir ?

À Paris, l’agriculture urbaine se développe. Dans notre collège Pierre Mendès-France, le jardin continue de grandir. L’association de Simon, Veni Verdi, et l’association d’Antoine, Culture en ville, préparent de nouveaux projets de fermes urbaines.


Cet article a été écrit et édité par des élèves de 5e du collège Pierre-Mendès-France, à Paris, accompagnés par Lorène Lavocat, dans le cadre du projet Ecologie et quartiers populaires.


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Lire aussi : L’agriculture urbaine doit rester un bien commun, pas une activité commerciale

Source : Victorine, Kevin, Rayan, Colin, Mamadou, Hassa, Mariam, Raphaël, Amine, Sofiane, Olivier, Jonathan et Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos : © Manon Aubel/Reporterre
. chapô : Les élèves de 5e du collège Pierre-Mendès-France ont visité pendant une heure le jardin sur le toit d’Agro Paris Tech.



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DOSSIER    Écologie et quartiers populaires

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