Saumon, hareng, cabillaud... les poissons contaminés par des PFAS
Les harengs font partie des poissons étudiés les plus contaminés par les PFAS. - Pexels / CC / Isaac Mijangos
Les harengs font partie des poissons étudiés les plus contaminés par les PFAS. - Pexels / CC / Isaac Mijangos
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Une étude internationale publiée le 18 décembre dans la revue Science révèle une contamination généralisée des poissons marins par deux PFAS — le PFOA et le PFOS — des substances per- et polyfluoroalkylées, longtemps utilisées par l’industrie chimique et désormais interdites. Ces « polluants éternels », qui persistent dans l’environnement pendant des décennies, sont associés à des cancers, des maladies rénales et hépatiques, des troubles immunitaires et des malformations congénitales.
Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs, rattachés à des centres de recherche en Chine, au Canada et aux États-Unis, ont croisé deux décennies de mesures de PFAS dans l’eau de mer, issues de plus de 3 000 points de suivi à l’échelle mondiale. À partir de ces données, ils ont estimé les niveaux de contamination de 212 espèces de poissons marins couvrant l’immense majorité de la production mondiale, et procédé à des analyses directes sur 150 poissons appartenant à 87 espèces, collectés dans 14 pays.
Certaines zones ressortent nettement, comme la mer Baltique ou les côtes de l’Arabie saoudite, de la Thaïlande et de l’Australie. Parmi les espèces les plus touchées figurent des poissons largement consommés, tels que le cabillaud, le saumon et le hareng.
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Les poissons sont l’une des principales sources d’exposition alimentaire aux PFAS. À l’échelle mondiale, l’apport quotidien médian estimé en PFAS via la consommation de poissons atteint 0,023 nanogramme par kilo de poids corporel, avec des niveaux plus élevés en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie. En cause : la bioaccumulation de ces substances et leur transport à longue distance, mais aussi le commerce mondial des produits de la mer, qui redistribue la contamination d’une région à l’autre.
Si l’étude constate une baisse de 72 % du risque lié au PFOS après son encadrement international en 2009 — preuve de l’efficacité des réglementations précoces dans certains pays — elle alerte sur la persistance de PFAS à longue chaîne, encore peu régulés. Les polluants rejoignent les océans par les rivières et reviennent, comme un boomerang, dans nos assiettes.