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Montagne

La station de l’Alpe du Grand Serre ne fermera pas cette année : « Un délai pour réfléchir à la transition »

Piste de la station de l’Alpe du Grand Serre, sur la commune de La Morte près de Grenoble, le 13 janvier 2025.

Un nouveau sursis a été accordé à la station de l’Alpe du Grand Serre, malgré un déficit « catastrophique ». Elle ouvrira encore cet hiver… sans visibilité sur son avenir.

Grenoble (Isère), correspondance

Nouveau rebondissement pour l’Alpe du Grand Serre, station de ski de moyenne montagne nichée dans le massif du Taillefer, sur la commune de La Morte, en Isère. La « plus grande des petites stations », en sursis depuis plusieurs années, se retrouvait de nouveau au pied du mur à l’approche de la saison hivernale, après avoir failli fermer à l’automne 2024 puis obtenu un sursis pour la saison suivante.

En juillet, face à la situation financière « catastrophique » de la station, les élus de la communauté de communes de la Matheysine, qui a la compétence de gestion, avaient annoncé ne plus vouloir éponger les pertes, laissant planer la menace d’une fermeture cette fois-ci définitive. Mais en ce mois de novembre, un accord a finalement été trouvé avec Sata Group, société d’économie mixte exploitant les stations voisines de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes, qui prendre la gestion pour l’année 2025-2026.

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« Les conditions que nous avions posées ont été respectées : la gestion est donnée en régie intéressée à Sata Group, qui prend entièrement à sa charge tout le risque financier, s’est réjouie Coraline Saurat, présidente de la communauté de communes de la Matheysine. Cette année supplémentaire doit nous permettre de travailler ensemble sur l’avenir de l’Alpe du Grand Serre et sur sa transition. »

« Il faut se tourner vers le quatre saisons »

César Ghaouti, président de l’association d’habitants La Morte vivante, voit dans cette décision un délai supplémentaire « pour réfléchir sur la transition de la station ». « Fermer la station sans avoir de proposition derrière, c’est beaucoup trop violent pour le territoire », pointe-t-il, soulignant qu’autour de l’Alpe du Grand Serre, « plus personne ne fait d’investissement pour son restaurant, pour son hôtel ou pour son commerce, il y a trop d’incertitude ».

« Le réchauffement climatique est là malheureusement, il faut se tourner vers le quatre saisons. Mais il faut garder des installations raisonnables, pour que la station garde son esprit familial », plaide Pascal, membre de l’association du ski-club de la Pierre Percée, qui emmène chaque hiver 80 enfants et adolescents skier sur les pistes de l’Alpe du Grand Serre.

Coraline Saurat assure qu’un travail « de réflexion à des pistes de transition, d’activités diversifiées » a été engagé avec les acteurs du territoire, sans donner plus de détails. « Il faut se saisir de cette question de l’avenir de l’Alpe du Grand Serre, sinon nous aurons les mêmes discussions l’année prochaine, quand le contrat de gestion touchera à sa fin. Dire que La Morte est morte sans la station, ça n’est pas une issue possible. »

L’association La Morte vivante, de son côté, a déjà des idées à proposer, explique César Ghaouti : « Il faut penser la transition du territoire, et de manière systémique : l’accès au foncier, la mobilité douce, l’autonomie alimentaire… La station doit devenir un refuge bioclimatique, cela répondrait à un besoin. Il faut pouvoir développer une économie autour de ça. »

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