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Municipales 2026

Strasbourg, Poitiers, Bordeaux... Les maires écologistes battus dans la plupart des villes

Jeanne Barseghian, maire écologiste de Strasbourg, n'a pas été réélue à la tête de la ville. Ici lors des résultats du second tour, le 22 mars 2026.

Municipales — Bordeaux, Besançon, Poitiers... Les Écologistes ont perdu plusieurs villes à l’issue du second tour des élections municipales. Parmi les quelques réconforts, la ville de Lyon reste dirigée par Grégory Doucet, réélu de peu.

La vague verte de 2020 n’a pas de nouveau déferlé sur les grandes villes de France. À l’issue de ce deuxième tour des élections municipales, hormis à Lyon, Tours, et Grenoble, les maires écologistes enregistrent un recul dans plusieurs villes. Lorsqu’il s’est rangé derrière un candidat de gauche, le parti vert l’a toutefois emporté dans plusieurs grandes villes.

Les défaites des maires écologistes sortants

Fief de la droite passé aux Écologistes en 2020, la ville de Bordeaux est désormais dirigée par un macroniste. Le candidat Renaissance Thomas Cazenave arrive en tête dans un mouchoir de poche (50,85 %) face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic (49,05 %).

À Besançon, bastion de la gauche depuis plus de soixante-dix ans, le candidat Les Républicains (LR) soutenu par le MoDem Ludovic Fagaut l’emporte avec 53,29 % des voix, face à la maire sortante écologiste Anne Vignot (46,71 %), soutenue par le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste (PC) et alliée à la candidate La France insoumise (LFI) Séverine Véziès.

Annecy bascule également à droite. Le candidat Renaissance Antoine Armand arrive en tête avec 49,36 % des votes. Alexandre Mulatier-Gachet, premier adjoint du maire écologiste sortant François Astorg qui ne s’est pas représenté, arrive à la deuxième place avec 35,12 %. Le candidat RN Guillaume Roit-Lévêque, arrivé troisième lors du premier tour, récolte 15,52 % des voix.

À Poitiers, bastion de gauche depuis près d’un demi-siècle, la maire écologiste sortante, Léonore Moncond’huy, a perdu (40,79 %) face au centriste Anthony Brottier (47,32 %), qui a bénéficié du retrait du candidat socialiste François Blanchard. Sortie en tête d’un premier tour qui avait vu six listes faire plus de 10 %, elle avait accepté à contrecœur de fusionner sa liste citoyenne avec celle des insoumis et celle des communistes, sans succès. Face à un candidat autrefois macroniste, désormais sans étiquette, qui a concentré l’électorat de droite, Léonore Moncond’huy n’a pas attendu les résultats définitifs pour déclarer : « Anthony Brottier a fait basculer une ville de gauche depuis une cinquantaine d’années, très nettement grâce au report des voix de l’extrême droite, de la droite, du centre. »

Les Écologistes perdent également Strasbourg. Jeanne Barseghian, alliée à LFI entre les deux tours, est battue par Catherine Trautmann, qui remporte 37 % des voix contre tout juste 31,70 % pour la maire écologiste sortante. La candidate socialiste avait établi une alliance avec le candidat Horizons non qualifié au second tour. Après cette annonce, elle a été placée « en dehors du Parti socialiste » par le secrétaire général Olivier Faure. Le candidat LR Jean-Philippe Vetter arrive en troisième position avec 31,29 % des voix.

À Colombes, dans les Hauts-de-Seine, le candidat écologiste à sa réélection Patrick Chaimovitch perd la mairie. Le républicain Joakim Giacomoni arrive en tête avec 54,48 %, tandis que le maire sortant, à la tête d’une union de la gauche (Les Écologistes, PS, LFI), récolte 45,52 % des voix.

À Lorient, l’alliance des Écologistes et du Parti socialiste n’a pas permis de vaincre le maire sortant Fabrice Loher (divers centre). Ce dernier a récolté 45,29 % des suffrages, tandis que la liste de l’union de la gauche, portée par l’écologiste Damien Girard, aurait remporté 42,65 % des votes. Le candidat RN arrive en troisième position avec 12,06 %.

En périphérie de Bordeaux, la commune de Bègles, verte depuis 25 ans passe elle aussi à droite (51,07 % contre 48,93 %).

Les listes vertes qui l’emportent

Du côté de Lyon, l’écologiste Grégory Doucet devance de peu le « candidat trumpiste » ultrafavori des sondages Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, avec 50,67 % contre 49,33 %. Grégory Doucet, maire sortant arrivé en tête au premier tour avec très peu d’avance, avait fusionné sa liste avec celle de LFI entre les deux tours. Dénonçant, d’après lui, de « nombreuses irrégularités », Jean-Michel Aulas a annoncé déposer un recours dès dimanche soir.

Les Écologistes perdent cependant la métropole de Lyon — cas unique en France, le conseil de la Métropole est élu au suffrage universel direct. Le président sortant, le vert Bruno Bernard, a reconnu sa défaite. Les listes menées par la candidate LR Véronique Sarselli alliée à l’ex-patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas arrivent en tête.

À Grenoble, où la gauche a fait barrage à la droite représentée par l’ancien maire Alain Carignon, condamné pour des faits de corruption, l’écologiste Laurence Ruffin arrive en tête avec 56,59%, et succéde donc à Éric Piolle.

À Tours, l’écologiste Emmanuel Denis reste maire avec environ 47,20 % des voix. Sa liste avait fusionné avec celle de la candidate LFI Marie Quinton pour faire face aux candidats divers droite Christophe Bouchet (43,86 %) et du Rassemblement national Aleksandar Nikolic (8,94 %).

En Seine-Saint-Denis, le candidat écologiste Édouard Denouel prend la mairie de Bagnolet avec 52,68 %. Il devance la liste du maire socialiste sortant Tony Di Martino (47,32 %), allié au candidat divers gauche Pierre Vionnet.

Alliés aux socialistes, Les Écologistes gardent tout de même de nombreux sièges dans des exécutifs municipaux. Comme à Paris, qui reste finalement à gauche, avec la victoire d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche et des écologistes qui obtient 50,52 %.

À Marseille, le maire socialiste sortant, Benoît Payan, l’a emporté. Il était soutenu par certaines personnalités écologistes locales comme Amine Kessaci. Il avait cependant refusé la fusion avec la liste insoumise de Sébastien Delogu. Benoît Payan est réélu avec 54,34 % des voix contre 40,30 % pour Franck Allisio, le candidat RN. Martine Vassal, la candidate de la droite qui a revendiqué « le travail, la famille, la patrie » comme « valeurs » et comme « slogan », a obtenu 5,36 % des voix.

Dans le Nord, l’alliance des socialistes avec les Verts a porté ses fruits à Lille : elle a permis à Arnaud Deslandes, maire PS sortant, de conserver le Beffroy. Le dauphin de Martine Aubry s’est maintenu avec 49,33 % des suffrages exprimés, dans une quadrangulaire avec LFI (33,70 %), Renaissance (7,99 %) et le RN (8,98 %).

À Nantes, la maire sortante divers gauche Johanna Rolland est réélue avec 52,18 % des suffrages, contre son opposant de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, qui récolte 47,82 % des voix. Les socialistes ont fait alliance avec Les Écologistes, et également avec La France insoumise durant l’entre-deux-tours.

Des « gauches irréconciliables »

Vers 21 heures, Marine Tondelier, invitée sur le plateau de TF1 face au socialiste Jérôme Guedj, a regretté une « gauche toxique pour la gauche dans cette campagne ». Fustigeant des « gens à gauche » qui « ont tout fait pour empêcher » des listes d’union comme celles nouées lors des élections législatives de 2024. « Quand on est de gauche, on fait tout pour que les villes restent à gauche, et je considère que vous avez sapé ça », a lancé la cheffe de file des Écologistes à Jérôme Guedj.

« Les gauches irréconciliables, ça mène la gauche à sa perte et c’est ce qui se passe ce soir dans beaucoup de villes. Des villes qui devaient basculer comme Limoges ne basculeront pas, et des villes qui étaient imperdables, comme Tulle, comme Brest, deviennent ce soir des villes de droite », a-t-elle énuméré.

Pour ce second tour, le taux de participation, qui s’élève à 57,82 %, recule de plus de quatre points par rapport à 2014.



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